Vicky Cristina Barcelona, peindre ou faire l’amour ?
16 octobre 2008 par Marine Bienvenot
Classé dans Cinéma, Critiques
Chassé-croisé sentimental et passionnel à Barcelone, tel est le sujet de Vicky Cristina Barcelona. Pour nous présenter son nouvel opus, qui a depuis 4 ou 5 ans maintenant acquis un label Européen, Woody Allen badine avec l’amour… à Barcelone cette fois-ci. Le voici donc en Espagne après sa trilogie londonienne, le soleil lui a-t-il fait autant de bien que l’habituel ciel couvert de la capitale anglaise? Pas vraiment. Sa vision aseptisée de l’Europe forme un écrin kitsch à une énième étude du sentiment amoureux bourrée de clichés tels que : l’impossibilité du ménage à trois, le choix entre une vie rangée et la bohème, l’ennui de la bourgeoise vieillissante, le matérialisme américain face à l’authenticité européenne…
Le pitch : Mademoiselle-qui-va-se-marier-avec-le-type-bien-sous-tout-rapport (Rebecca Hall) succombe au peintre-charmeur-irrésistible-impétueux (Javier Bardem) comme plus tard sa copine ouverte-à-de-nouvelles-expériences-et-aventureuse (Scarlett Johansson). Relation(s) qui se trouve(nt) pimentée(s) par l’irruption de l’ex-femme du Don Juan, Penelope Cruz, excellente dans son rôle de latina explosive dévorée par la passion.
Adultère, polygamie, ménage à trois : il y en a pour tout le monde. Aux côtés d’une Scarlett Johansson assurant le minimum syndical, on se consolera en profitant de l’interprétation passionnée et explosive d’une Penelope Cruz en très grande forme, dont chaque apparition crame la pellicule.
On retrouve tout l’univers du réalisateur : personnages névrosés, réflexions existentielles sur l’amour… Mais il manque ce je ne sais quoi qui rend le soleil espagnol ennuyeux et fait regretter le Woody Allen new-yorkais, pourtant toujours bavard et cynique. En nous suggérant plus ou moins clairement le caractère éphémère de l’amour et en faisant l’apologie du ménage à trois, Allen n’invente rien et, à l’image de ses personnages, le spectateur arrive au bout de la route sans avoir concrètement changé.
On retiendra donc :
- que sortir un film tous les ans pose de cruels problèmes de renouvellement et de nouveauté
- que Scarlett Johansson aime jouer les touristes américaines expatriées en mal d’amour (voir Lost in Translation)
- qu’en Espagne, il fait beau, il fait chaud, et qu’on y joue de la guitare à tous les coins de rue
- qu’on peut faire une thèse sur la culture catalane sans parler un mot d’espagnol










Ah totally agree avec votre « analyse », quoique j’aurais sans doute été encore plus tranchante !