La Pêche à la Truite en Amérique
Commençons par un petit topo sur Richard Brautigan : emblème d’une littérature contemporaine américaine libérée au style absurde, (il a par exemple influencé W. P. Kinsella, qui a écrit Shoeless Joe), renouvelant le genre surréaliste dont il s’est fortement inspiré par sa déconstruction originale (voire la structure de La Pêche à la Truite en Amérique, divisé en « chapitres » de deux ou trois pages et n’ayant aucun rapport les uns avec les autres), Richard Brautigan porte aux nues sa génération à laquelle il fait constamment référence dans son oeuvre. Il sombre dans l’alcool dans les années 1980, avant de mettre fin à ses jours en octobre 1984, emportant avec lui l’innovation de son style. Aucun auteur n’a à ce jour, et selon moi, atteint un degré de génie équivalent à celui de Brautigan.
(voir plus tard Sucre de Pastèque, publié dans la même édition que La Pêche à la Truite en Amérique)
Paru en 1968, La Pêche à la Truite en Amérique, malgré sa publication assurée par une petite maison d’édition relativement modeste, remporte un succès inattendu et s’érige en symbole de la « beat generation », libérée et émancipée dans tous les sens du terme. Le roman, donc, présente une série de divagations sans ordre chronologique, mélangeant souvenirs réels et extrapolations. Le tout ayant bien sûr un rapport avec la pêche à la truite en Amérique. On notera même une personnification récurente de « La Pêche à la Truite en Amérique », qui devient sous la plume de Brautigan un véritable être de chair et de sang auquel l’auteur s’adresse directement.
On peut aussi apprécier une image traditionnelle et détaillée de l’Amérique profonde et plutôt rurale, en constante mutation économique et sociale de l’après- seconde Guerre Mondiale (Baduk La Pêche à la Truite en Amérique, personnage régulier du roman, illustre cette Amérique désoeuvrée au lendemain du conflit).
Ce livre est donc à conseiller non pas pour sa vision de l’Amérique, qui se révèle partielle quoiqu’intéressante, mais pour le style de Brautigan, véritablement virtuose, manipulé avec beaucoup de risques mais adroitement. Il nécéssite aussi une ouverture particulière du lecteur, et s’adresse aux amateurs de styles innovants. Adeptes de Marc Levy et autres Anna Gavalda s’abstenir !










merci ‘margaux’ pour ce petit résumé, ça m’a donné envie de lire Brautigan (et dorénavant tu pourras retrouver tes résumés dans les copier coller d’exposé d’élèves!)
héhé, tout d’abord félicitation pour cet article qui je l’espère n’est que le premier d’une longue liste (dans l’absolue, il m’a déjà donné envie de le lire, c’est pas mal) D’un point de vue auteur de la beat génération, ça se rapproche du style de Ginsberg ,à la littérature (poésie surtout) à fleur de peau et qu’il veut authentique par sa spontanéité, ou pas du tout? (parce que j’aime beaucoup Ginsberg en général, quand je réussi à le « sentir »)
J’adore Brautigan et je ne connais pas beaucoup de personnes autour de moi qui connaissent cet auteur d’où ma surprise en voyant cet article ! C’est vraiment un auteur à part dans la littérature américaine : un style tellement poétique, sensible…
Je me permettrais de rajouter un titre « Tokyo-Montana Express » car c’est le bouquin que j’ai préféré de lui.
Dans ma tête, je l’associe à John Fante (qui écrit aussi divinement bien), à Henry Miller. Allez savoir pourquoi !
LE LIVRE qui m’a ouvert à cette littérature est « Ardoise » de Philippe Djian. Il parle de 10 bouquins ou écrivains qui ont CHANGE sa vie. Rien que pour m’avoir fait découvrir Henry Miller et Richard Brautigan, je lui en serai éternellement reconnaissante.
Pour Ginsberg oui c’est la même veine de la « beat generation », auteurs parmi lesquels on compte aussi Jacques Kerouac, d’ailleurs si tu pouvais m’indiquer où acheter du Ginsberg SEUL ce serait génial parce que je suis allée dans une librairie rennaise assez complète qui n’a pu me proposer qu’un ouvrage regroupant cinq auteurs et grossièrement appelé « Beat Generation » !
Quant à Philippe Djian, j’avoue ne pas reconnaître dans son style (que je n’apprécie pas par ailleurs) une quelconque influence venant d’auteurs comme Brautigan ! Par contre j’ai bien peur que Philippe Djian ait influencé des « auteurs » tels que Beigbeder ou Lolita Pille… sans commentaire ! Oui « Tokyo-Montana express » est génial, j’ai un penchant pour la nouvelle « lycée Harmonica » mais je ne sais pourquoi…
Concernant Philippe Djian, je n’ai pas dit que son style avait été influencé par tous les auteurs dont il parle dans « Ardoise ». Et j’ADORE son style ! sic ! Je ne sais pas lesquels tu as lu de lui mais plus ils sont vieux, plus ses romans sont excellents (Echine, 37,2°, Sotos, Zone érogène, etc…) Bref, j’avoue que je suis une inconditionnelle de cet écrivain (sauf ses derniers romans : les Doggy Bag que je trouve déplorables). J’ai aimé « Hell » de Lolita Pille mais je ne me risquerai pas à lire son 2e bouquin car je sais que je serai déçue. Mais ça me fait drôle de penser que Philippe Djian ait influencé Lolita Pille… Pourquoi pas ? Après, j’ai jamais lu Beigbeder (jamais eu envie)…