Nos 30 meilleurs albums de 2008
7 janvier 2009 par Marine Bienvenot
Classé dans Classements 2008, Critiques, Découvertes, Dossiers, Musique, Playlist

Il est peut-être plus difficile en musique que dans n’importe quel autre domaine de réaliser un top. On ne peut pas avoir écouté tous les albums parus, on se cantonne souvent à son genre de prédilection (il ne me viendrait pas à l’esprit d’écouter et encore moins de critiquer du rap … chacun ses goûts), quel critères de sélection choisir? Pourquoi mettre ceux-ci devant celui-là? On laisse souvent parler son ressenti, les frissons plutôt que le CV. C’est pourquoi vous ne retrouverez pas ici certaines valeurs sûres (Oasis par exemple) parce qu’elles n’ont pas réussi (cette fois) ) à me cueillir, à m’émouvoir. Ne dit-on pas que la musique est un cri qui vient de l’intérieur? A contrario, vous découvrirez ici des gens de grand talent dont vous n’avez peut-être (encore) jamais entendu parler. Ecoutez, découvrez et peut-être que vous aimerez.
♦
1. MGMT « Oracular Spectacular »
Don’t Believe The Hype, qu’ils disent. Ok, on fait de notre mieux d’habitude. Mais difficile de nier la qualité des dix titres de ce premier album du duo New-Yorkais. Il s’agit avant tout de dix titres parmi les plus aboutis, ambitieux et émouvants de l’année. Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison d’élire un groupe dont les initiales signifient Make Good Music Today.
Rien de moins.
♦
2. Nada Surf « Lucky »
Il était une fois petite Marine, environ à la moitié de son âge actuel, qui dégotte The Proximity Effect dans la discothèque de son cher oncle… coup de coeur, coup de foudre et quelques années plus tard Nada Surf est toujours pour moi cette madeleine qui me rappelle comment j’ai découvert et appris à aimer la musique. Nada Surf est l’archétype du groupe sympa. Le groupe attachant par excellence. Pratiquement un cas d’école. Matthew Caws et sa bande (francophiles pour ne rien gâcher) sont comme des amis qu’on perdrait de vue entre chaque album et qu’ont retrouverait sans que l’on ne décèle le moindre changement. C’est d’ailleurs ce qui fait que ce trio soit si attachant, on sait que l’on ne sera pas déçu par sa musique et qu’on se sentira toujours chez soi quand on entre dans leurs nouvelles compositions, dont l’émotion en est le coeur. Ceux qui attendent imperturbablement depuis 10 ans la venue d’un « Popular » bis (hymne grunge des années 90 par excellence) se mettent le doigt dans l’oeil, le groupe semble définitivement passé dans ce qui leur colle le mieux à la peau : les ballades simples et mélodieuses (avec la participation de Ben Gibbard, leader de Death Cab For Cutie sur « See These Bones », ce qui ne gâche rien) et quelques morceaux rageurs et politiques où s’expriment toujours leur fougue passée (« The Fox »). Nada Surf ne change pas, ou si peu, mais ce sera toujours un plaisir de redécouvrir à l’infini le pourquoi d’un coup de foudre vieux de 10 ans.
♦
3. Death Cab For Cutie « Narrow Stairs »
Ce n’est pas un hasard si Death Cab For Cutie (autre groupe cher à mon coeur) et Nada Surf se suivent dans ce classement. Leur musique est pour moi ce qui se fait de mieux, et d’ailleurs les deux groupes collaborent régulièrement, pour faire ce qu’il y a de meilleurs sur leurs albums respectifs. Une fois les premières secondes de Bixby Canyon Bridge écoulées, les guitares se lâchent et martèlent des riffs de guitare plutôt surprenants chez ces calmes. Plus rock, mais non moins inspiré, le son de Narrow Stairs fait basculer l’album vers une nouvelle facette du groupe. La bande à Gibbard nous livre son album le plus abouti et le plus réussi. Jetez-vous dessus
♦
4. The Dø « A Mouthful »
Et si le groupe le plus intéressant et le plus innovant du moment était le fruit de la rencontre d’un musicien de jazz, compositeur de bande-originale pour le cinéma français et d’une chanteuse franco-finlandaise ayant baigné dans le rock et l’electro ? L’album ne s’enferme pas dans une impasse folk-rock, mais avale tout sur son passage : du hip-hop (« Queen Dot Kong ») à la pop romantique (« Stay (Just a Little Bit More) ») en passant par le folklore minimaliste (« Unissassi Laulelet ») et le blues survolté (« Tammie »). Le tout à la manière de petits enfants hyperactifs et boulimiques de sons, farouchement doués dont la dimension prend toute son ampleur sur scène.
♦
5. The Last Shadow Puppets « The Age of the Understatement »
The Age of the Understatement, premier album et coup de maître pour le duo Alex Turner (transfuge des Arctic Monkeys) et Miles Kane (leader de The Rascals). On pensait à un album récréatif fait par deux potes pour passer le temps, on est resté scotché à leurs mélodies sorties d’un autre époque : mélopées pop aux arrangements grandioses multi-instrumentalistes (« My Mistakes Wer Made For You »), voix de crooner pour ballades mélancoliques (« The Chamber »), un côté rétro-pop allié à des épopées épiques dignes des meilleures bandes-originales (« In The Heat Of The Morning », « Only The Truth », « The Age Of The Understatement »…) Des chevauchées cinématographiques dans le grand froid soviétique (le morceau titre The Age of the Understatement), un western spaghetti épique (Only the Truth), et de formidables odes à la pop romantique des années 60 (Meeting Place, Standing Next To Me) c’est surtout l’ombre d’Ennio Morricone qui plane au dessus des morceaux en format cinémascope.
♦
6. Bloc Party « Intimacy »
Il faudrait revenir d’un voyages dans les steppes désertiques sub-sahariennes pour ne pas voir que Bloc Party est en train de devenir un grand groupe, de ceux qui compteront désormais dans l’industrie musicale. Avec ce 3ème album Kele Okereke et ses compères viennent confirmer leurs penchants électroniques en poussant beaucoup plus loin l’expérimentation. Intimacy va en rebuter et en surprendre plus d’un, ceux qui était resté au single « Banquet » et au nouveau groupe britpop de l’année 2005. Ils sont déjà comparés à Radiohead et pourraient un jour, sans crier gare, nous sortir leur Kid A (sur internet bien sûr)
♦
♦
7. Bon Iver « For Emma, Forever Ago »
Après s’être séparé de son groupe et sa copine, Justin Vernon (l’homme derrière la composition et l’écriture de For Emma, Forever Ago – le pseudo Bon Iver vient d’ailleurs du français bon hiver-) s’est réfugié dans une cabane en bois au fin fond des forêts du Wisconsin pendant trois mois pour accoucher de cet album. Selon ses dires quand l’inspiration lui venait il lâchait sa hache pour saisir sa guitare. Excellent projet folk mélancolique et doux mené avec inventivité et profondeur, il nous livre sans aucun doute la plus belle chanson de l’année avec « Skinny Love ». Il faut pourtant avouer qu’on est aussi parfois à deux doigts de l’ennui comme dans les vrais classiques littéraires, cinématographiques ou musicaux. Cet album est une expérience sensible, probablement le plus humain de cette année. Un disque parfait pour rentrer dans l’hiver. Ou en sortir.
♦
8. Kings Of Leon « Only By The Night »
Kings Of Leon c’est avant tout une histoire de famille, formé en l’an 2000 autour des frères Caleb Followill (guitare), Nathan Followill (batterie), Jared Followill (basse) et de leur cousin Matthew Followill (guitare), le groupe avait sorti son premier album Youth & Young Manhood en 2003. Sa renommée avait grandi avec les parutions de Aha Shake Heartbreak (2004) et Because of the Times (2007). Un blues furieux ou un rock poussiéreux, les premières chansons de Kings of Leon sont hantés par la culture de la musique sudiste. Ces jolis texans ont beau avoir l’œil d’azur limpide, on ne peut en dire autant de leurs intentions sur Only By The Night, pas très claires, poisseuses et sexuelles à souhait sous formes d’hymnes taillés pour les stades (« Use Somebody », « Manhattan », « Sex on Fire », « Crawl »), de ballades somptueuses (« Revelry », « Notion », « 17, Closer ») et des titres aériens (« Cold Desert« , « Be Somebody« ). Plus posé, mélodique et inspiré, Kings of Leon prend ici une nouvelle dimension.
♦
9. Emiliana Torrini « Me & Armini »
La chanteuse islandaise (comme son nom ne l’indique pas) est longtemps resté dans l’ombre de sa star internationale de compatriote, Björk, malgré des registres complètement différents et la publication d’un très bel album acoustique, Fisherman’s Woman en 2005. Elle revient cette année avec une musique plus variée, plus ouverte, aux accents pop, folk, électro parfois et même un peu reggae. C’est cette diversité qui fait toute la richesse de Me & Armini, on n’a jamais l’impression d’écouter la même artiste sur un même disque.
♦
♦
♦
10. Fleet Foxes « Fleet Foxes »
Ce groupe de Seattle nous a offert cette année un album encensé par les critiques du monde entier. Pourtant aux premières écoutes j’ai eu du mal à rentrer dedans, leur musique semblait directement sortie des 70′s sans réelle originalité. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et puis un soir, les yeux embrumés, j’ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Puis je me suis surprise à apprécier de plus en plus la musique de ces jeunes barbus illuminés. De la pop americana qui transcendent le passé pour mieux coller au présent, avec du Beach Boys, du Neil Young voire même du Simon & Garfunkel dedans. Du folk pastoral, de la pop un peu baroque mais sacrément harmonieuse et surtout, plus on se dirige vers la fin de l’album, plus les morceaux, sont beaux, habités et lumineux. Les Fleet Foxes sont divins.
♦
11. Eddie Vedder « Into The Wild »
Film sur la nature et l’individu, le sujet d’Into The Wild inspire Eddie Vedder, leader de Pearl Jam et ami de Sean Penn. L’évasion, l’exil, la rage d’un jeune adulte, la fougue, la critique de la société, des paysages magnifiques , il y avait là les sujets de prédilections du chanteur. Et il s’en est donné à coeur joie, loin de la rage de son groupe, il tricote des petites ritournelles simples, exaltées et délicieusement contemplatives semblant accompagner idéalement le film de Penn. Son disque, comme le film, poursuit une idée de liberté, proche de Kerouac.
♦
12. Woodpigeon « Songbook »
Cette bande de huit canadiens de Calgary, est championne du monde des chansons aux titres infinis mais aux mélodies si pures. Home As A Romanticized Concept Where Everyone Loves You Always And Forever ouvre le bal avec son atmosphère délicate et subtile. Une touche de Sufjan Stevens, une pincée de Beirut et une cuillerée de Belle & Sebastian. Sans jamais tomber dans la mélancolie la plus totale, Woodpigeon oscille entre ferveur folk et paroles désabusées comme sur A Sad Country Ballad For A Tired Superhero mais néanmoins et paradoxalement réconfortantes. Alors vous qui vous demandez, le soir en rentrant chez vous ou au petit matin avant de remettre le museau dehors, comment et avec qui vous allez continuer la route, cet album est pour vous.
♦
13. Sondre Lerche « Dan in Real Life »
La bande-originale de Dan In Real Life est peut-être une des bandes originales les plus réussies de l’année tout simplement parce que ce n’en est pas une. En effet, on est ici plutôt face à un réel album du songwriter norvégien Sondre Lerche (à prononcer comme bon vous semble), petit prodige pop-folk qui a déjà (à 25 ans) sorti 4 (très bons)albums . Le réalisateur du film, Peter Hedges, déjà admirateur de son travail, lui a demandé de mettre en relief les tribulations de Dan Burns (Steve Carrell), qui, à l’occasion d’une réunion de famille, s’amourache de Marie (Juliette Binoche), la nouvelle copine de son frère cadet (Dane Cook). Les compositions de ce jeune homme regorge d’une émotivité non loin de Belle & Sebastian et Nick Drake, une musique légère, fraîche et pop.
♦
14. Alela Diane « The Pirate’s Gospel »
The Pirate’s Gospel n’est pas plus l’album de 2008, que de 2007 (l’année de réelle sortie) ou même de 2004 (l’année de sa première sortie). Non, The Pirate’s Gospel est un album intemporel, perdu quelque part dans les plaines désertes d’une Amérique profonde. Dès la première écoute, les mélodies intemporelles, la voix sidérante (qui semble provenir d’une vieille femme noire ayant vécu plusieurs vies), font décoller très loin. A partir de cet instant, on ressent une envie quasi irrésistible d’écouter les morceaux d’Alela Diane en boucle, à n’importe quelle occasion de la journée. Dépression ? Heureux événement ? Mélancolie ? Bouclage stressant dans une rédaction parisienne? Alela Diane agit comme une caresse réconfortante sur le vague à l’âme.
♦
15. The Dodos « Visiter »
Derrière cette pochette toute simple dessinée par les enfants d’une école primaire, à qui The Dodos ont fait la primeur de leurs morceaux, jaillit instantanément une pop étincelante mariée à un folk psychédélique qui se concrétise sur 13 morceaux où les instruments de toutes sortes (guitares folk, percussions tribales, instruments jouets, baguettes en bois…) et les voix dansent la valse dans un cabane au fond des bois canadiens.
♦
♦
♦
16. The Kooks « Konk »
Il y a deux ans, les Kooks débarquaient et laissaient un vent de fraîcheur derrière eux, notamment avec des titres immuables comme « Ooh La » et « Naïve ». Ne restait plus à Luke Pritchard et sa bande que passer la dure épreuve du deuxième album. Cet enième groupe en « The » n’a certainement pas l’ambition de révolutionner l’histoire du rock mais simplement de se faire plaisir avec une pop ensoleillée, printanière et si j’ose dire traditionelle. La tradition à défaut de l’innovation donc, et bien ça fait parfois du bien!
♦
♦
17. The Kills « Midnight Boom »
Sur ce troisième album du duo New-Yorkais, Allison « VV » Mosshart et Jamie Hince nous propose des morceaux chaotiques, brûlés, heurtés. Voici venue l’heure du rock indomptable, incorruptible et bien crade. Tout dans ce disque sent l’urgence On a pu reprocher au Kills un son monolithique, qu’à cela ne tienne Midnight Boom est intense, fiévreux, nerveux mais aussi (et c’est plutôt nouveau), dansant, enivrant, excitant et jouissif, comme a pu l’être le good old rock (écoutez absolument « Hook & Line »). Un album dont la fureur et les riffs ravageurs lui feront traverser les décennies sans prendre de rides.
♦
♦
♦
18. Girls in Hawaii « Plan Your Escape »
Qu’il est dur de sortir un deuxième album lorsqu’on réalise un disque quasi parfait dès son 1er essai. Certains groupes enchaînent, tête baissée, se laissant porter par le courant de cette vague créatrice avant qu’elle ne retombe. D’autres prennent leur temps. Indéfiniment. Et se faire attendre c’est aussi se faire désirer. Excellente synthèse des musiques pop propres aux années 60, 70, 80 et 90, qualité sonore hors du commun, richesse de composition, quantité de mélodies accrocheuses… Plan Your Escape est tout à fait le genre d’album qu’on pourrait écouter dans quinze ans, histoire de se faire plaisir.
♦
♦
19. Herman Düne « Next Year in Zion »
Je tiens ce Next Year In Zion comme l’un des meilleurs albums d’Herman Dune entendus à ce jour… sachant qu’ils sont tous bons. Des chansons belles à pleurer (« My home is nowhere without you »), des refrains et des mélodies entêtantes, à chanter en famille ou dans la voiture, des petits solos de guitare comme dans le temps, des histoires rigolotes et pleines de naïveté. On ne criera pas forcément au génie, mais on appréciera d’abord la simplicité de ces folk-songs faciles à écouter.
♦
♦
20. Phantom Planet « Raise the Dead »
Si vous connaissez Phantom Planet, c’est sans aucun doute grâce à « California », générique d’un teenage show bien connu. Moi, j’avais adoré leurs albums The Guest et Phantom Planet. Au mois de mars je tombe sous le charme d’A Bord du Darjeeling Limited et revoir Jason Schwartzmann me donne l’envie de savoir où en est Phantom Planet, groupe qu’il a jadis fondé, puis quitté. Ni une, ni deux, mon disquaire favori me fournit Raise The Dead, dernier album en date du combo de rock alternatif californien. Phantom Planet, fier de son héritage harmonique, se construit avec ce quatrième album une digne réputation de faiseurs de refrains parfaitement calibrés (pour ne citer qu’eux « Raise the Dead » ou « Do The Panic ».)
♦
♦
21. Greg Laswell « Three Flights From Alto Nido »
Il y a pire comme situation quand on est un jeune folkeux qui débute, que d’être présenté au public par rien de moins que Tom McRae, comme ce fut le cas pour Greg Laswell. C’est un auteur talentueux qui mérite la reconnaissance du public francophone, comme le démontre brillamment son dernier album, Three Flights From Alto Nido. Cédant facilement à la déprime, Laswell est en effet du genre à produire des compositions déchirantes d’une beauté désarmante, comme « And Then You » ou « Days Go On », aux mélodies jolies et aux arrangements soignés. Il va jusqu’à reprendre le tubesque « Girls Just Wanna Have Fun » de Cindi Lauper dans une version beaucoup, beaucoup, beaucoup plus calme… Pour un peu, on aurait presque du mal à reconnaître la chanson. En espérant que bientôt c’est lui qu’on reconnaitra.
♦
22. Of Montreal « Skeletal Lamping »
Sur Nonpareil of Favor il y a plus de variations que sur bien des albums (voire des discographies entières). Au programme, disco, funk, intonation 60s, couleurs criardes et mauvais goût assumé. Of Montreal (même pas originaire du Canada) cultive un goût prononcé pour le psychédélisme, à l’instar de MGMT, parsemé de pics de folie discos dignes des Scissor Sisters au-dessus desquels plane l’ombre de Queen en forme d’harmonies vocales exaltées et burlesques.
♦
23. Kimya Dawson & Co « Juno »
Qui dit film américain indépendant sur la jeunesse, dit bande originale puisant dans la pop indé et l’anti-folk (voir Garden State). Un jour, au beau milieu d’une réunion de préparation de tournage, le réalisateur Jason Reitman demanda à son actrice, Ellen Page, ce qu’écouterait Juno, jeune héroïne du film éponyme. L’interprète, aujourd’hui en bonne voie de devenir très bankable, lui répondit tout de go les Moldy Peaches, voilà ce qu’écoute Juno. Aussitôt dit, aussitôt fait, Reitman contacta Kimya Dawson, et il lui offrit de rappeler à l’Amérique et au monde que l’anti-folk, ça se prend pas aux sérieux, mais ca vous rend drôlement heureux. En la matière, Juno, a plutôt bon goût et écoute aussi Cat Power, Belle & Sebastian et Sonic Youth. Mais c’est grace à Leo Bear Creek, 14 ans, batteur-chanteur du groupe Antsy Pants, français de surcroit et son titre au ukulélé, « Vampire »que Juno a la meilleure BO entendu depuis des lustres.
♦
24. Kaiser Chiefs « Off With Their Heads »
Après avoir conquis le Royaume-Uni en 2005 avec un genre que l’on croyait mort et enterré, la Britpop, (Employment) puis le reste du monde avec un deuxième album sorti très peu de temps après (Yours Truly, Angry Mob), une question se pose toujours autour de Kaiser Chiefs : révélation ou supercherie ? Revival ou pompage en règle ? Quoi que l’on puisse en dire, ils sont sans aucun doute l’un des meilleurs entertainers du moment avec leurs tubes qui sentent bons l’Angleterre des lads et ses soirées arrosées au pub. Alors voilà, les Kaiser Chiefs ne seront jamais les prochains Radiohead, peut-être d’un Blur inspiré mais Off With Their Heads reste un poil en-dessous de ses prédécesseurs, ce qui en fait quand même un très bon disque.
♦
25. Get Well Soon « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon »
Qu’il est rare d’avoir l’occasion de s’émerveiller à l’unisson devant un album pop aussi soigné que ce Rest Now, Weary Head You Will Get Well Soon. Plus surprenant, ce premier album est l’oeuvre d’un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, jeune et timide allemand de 25 ans à peine. Un disque d’une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (pop, rock, mâtiné de musiques de l’est, passant de Beirut à Radiohead), que des arrangements et des mélodies mélancoliques à souhait. Bande originale d’un film imaginaire, valse enivrante aux accents slaves, Get Well Soon nous livre un des grands disques, inspirés, de 2008.
♦
♦
♦
26. Coldplay « Viva La Vida Or Death And All His Friends »
Il serait tellement simple de faire comme tout bon critique musical qui se respecte, détester Coldplay et jeter leur musique à la poubelle comme si elle n’était que la basse œuvre de vulgaire plagiaires. Oui mais voilà, Chris Martin et sa bande plagie avec talent et remettent au goût du jour et en valeur des sons immuables. Viva La Vida or Death and All His Friends reste un album de pop, mais produit par Brian Eno le groupe s’est fendu d’un album profond (« Lost!« ), romantique (« Lovers in Japan ») et follement accrocheur (« Violet Hill », « Viva La Vida ») et beaucoup plus instrumental (« Life in Technicolor ») . Ce n’est que de la pop disions-nous, mais de la très grande pop.
♦
♦
♦
27. Cajun Dance Party « The Colourful Life »
Le pourquoi du comment de la formation de Cajun Dance Party prête à sourire. C’est en effet pour participer à un concours scolaire qu’ils enregistrent le parfait « The Next Untouchable ». Reconnus et engagés directement, ils mènent de front études et enregistrement de The Colourful Life gagnant ainsi leurs galons de groupe anglais le plus prometteur du moment (comme il y en a un par semaine).
♦
28. She & Him « Volume One »
Une fille, un garçon. L’actrice Zooey Deschanel (L’assassinat de Jesse James) en She et le talentueux M.Ward en Him. Et une collaboration unique pour un album country-folk arrangé au banjo et mâtinée de soul aux accents sixties.On s’imagine parfaitement écouter ce Volume One dans un cabriolet Chevrolet face à la mer dans la chaleur des derniers rayons de soleil d’une fin d’été. Quelque part entre Nancy Sinatra et Nina Simone, la voix marquée de Zooey Deschanel livre des moments de grâce comme sur « I Was Made For You » ou bien encore « I Thought I Saw Your Face Today ». Ce n’est que le Volume One mais on attend déjà avec impatience les suivants.
♦
♦
♦
29. Kaki King « Dreaming Of Revenge »
Cette guitariste de génie qu’est Kaki King est bien trop peu connu en France. Présente sur l’extraordinaire bande originale d’Into The Wild en début d’année, son morceau a attisé ma curiosité et me voici avec Dreaming of Revenge dans les oreilles. Reine du « tapping », technique qui consiste à rythmer le morceau en frappant des deux mains sur la guitare, Kaki King y allie un chant mélancolique qui n’est pas sans rappeler les ballades folk d’une Laura Veirs. Un album post-rock-jazz qui vieillira comme un bon vin.
♦
♦
♦
♦
30. Sigur Rós « Með suð í eyrum við spilum endalaust »
Dès la première écoute de Með suð í eyrum við spilum endalaust, j’ai eu cette certitude que Sogur Ros avaient composé en été, au grand soleil d’Islande qui ne se couche pas. Sigur Rós bien que produisant une musique de toute beauté, a toujours été un groupe plutôt difficile d’accès (il parle dans leur langue maternelle et cela même sur leurs morceaux). Ce nouvel opus, plus pop et j’irais même jusqu’à dire plus fun, ouvre considérablement les horizons du groupe. Loin de se vendre, Sigur Rós réalise ici le tour de force de rendre sa musique plus accessible sans renier ce qui fait sa complexité et son originalité.






































Interessante Informationen.
Que de beaux artistes. ♥