The Shoegazing Kids are still alright

27 février 2009 par Marine Bienvenot  
Classé dans Critiques, Musique

Stuck in the Sound - Shoegazing Kids

Stuck in the Sound - Shoegazing Kids

A l’écoute du premier opus des parisiens de Stuck in the Sound, intitulé Nevermind the Living Dead, on ne pouvait s’empêcher de penser au grunge de Nirvana : pochette avec un bébé, « nevermind » dans le titre mais surtout une énergie rock qu’on n’avait pas entendu et senti depuis longtemps dans la musique d’un combo … français! Cette énergie, un peu brouillone, pouvait gêner sur le disque mais sur scène c’est un ouragan qui s’avère salutaire! C’est donc lors de leur tournée aux nombreuses dates partout en France que les Stuck se sont fait une place au soleil dans le paysage rock indé français, celle du groupe français le plus anglo-saxon et donc celle du plus exportable. Restait à savoir si 4 ans après la sortie de Nevermind The Living Dead et 2 ans après leur éclosion médiatique José Reis Fontao et sa bande allait renouveler l’exploit en suivant la route toute tracée du succès ou bien prendre les sentiers battus et nous surprendre. Janvier 2009, la réponse arrive sur les platines avec Shoegazing Kids.

Et dès les premières notes, on comprend que le groupe a opté pour la deuxième solution : plus posé, plus mélodieux, moins brouillon … ce Shoegazing Kids est l’album de la maturité (JOKE!). Non ne tombons pas dans les phrases faciles, c’est tout simplement un second souffle que se donne le groupe, une nouvelle voie

José Reis Fontao à lAutre Canal (© Marine Bienvenot)

José Reis Fontao @ l'Autre Canal (© Marine Bienvenot)

qu’il emprunte avec talent. Il faut bien l’avouer il n’y a quasiment aucun titre à jeter, et certainement pas le premier single « OUAIS! », qui n’est pas sans rappeler à lui les fantômes de la new-wave. Influencés par les Pixies, Sonic Youth (dont ils partagent d’ailleurs le producteur Nick Sansano), The Smiths et autre The Cure, on retrouve tous ces parrainages dans leurs compositions. Mais ce qui fait de Stuck in the Sound un groupe à part, c’est aussi et surtout la voix (aigüe) de son frontman. José Reis Fontao apporte à chaque morceau un supplément mélodique.

Bref après une intro quasi-instrumentale (« Zapruder »), ça devient sérieux avec « OUAIS! » et puis changement total de rythme, le groupe prend un versant pop aux accents Curiens avec « Utah », « Teen Tale », « Beautiful Losers » et « Playback A.L ». On se rend compte que les Stuck réussissent là où beaucoup ont échoué, c’est à dire en alliant une puissance mélodique pop rageuse, une rythmique entêtante, des riffs impayables, une voix aigüe et un peu forcé mais qui porte les morceaux, et surtout les guitares rock en bandoulière, toutes cordes dehors !

On les retrouve plus énervés (« Gore Machine »), rugueux (« Erase »), épiques et tout simplement tubesques (« Shoot Shoot », tout simplement LA chanson de l’album, déjà entendue sur scène lors de leur tournée). Pour terminer l’album, rien de tel qu’un petit moment d’apesanteur pour faire retomber la pression. Ce sera « I Love You Dark », petite perle pop qui ne choquerait pas dans le répertoire d’autres frenchies tels que Phoenix ou Tahiti 80.

Et voilà 12 titres se sont écoulés, et l’on en vient à dire que Stuck in the Sound a évolué, grandi, s’est affirmé pour nous fournir un album de grande qualité d’une richesse rythmique nouvelle. Les kids confirment un talent que nous ne faisions que deviner jusqu’alors et que nous avons hâte d’explorer sur scène. Mais d’ailleurs, peut-on toujours parler de kids ?

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