Et le César est attribué à …
28 février 2009 par Marine Bienvenot
Classé dans Actualités, Cinéma
Voilà la 34ème cérémonie des César a refermé ses portes et une fois de plus, malgré toutes les promesses et les efforts, laisse un gros sentiment d’insatisfaction. Revenons tout d’abord sur le cérémonie en elle-même : Charlotte Gainsbourg parfaite dans son rôle de présidente, Antoine de Caunes fait ce qu’il peut mais ce n’est pas en essayant de copier le show d’Hugh Jackman aux Oscars qu’il réussit à dérider son public, choix peu judicieux notamment devant Dustin Hoffmann et Sean Penn. Et le reste de sa présentation est à l’image. Les hommages aux disparus furent émouvants, de Julie Depardieu à son frère Guillaume, de la salle entière à Claude Berri et sa famille et de l’Académie à Christian Fechner. Le César d’honneur délivré cette année à Dustin Hoffman fut l’occasion d’une rétrospective de choix de l’acteur et d’un discours excitée de la joyeuse Emma Thompson même si celui de l’acteur fut un peu plus laborieux. Bref ce fut sans réel rythme et parfois de mauvais goût (Julie Ferrier qui nous procure un grand moment de solitude et de honte) , mais heureusement certains remettants ont sauvé la soirée de leur humour
, je pense notamment à la prestation d’Elie Semoun en Tootsie, à l’hommage chanté de Guillaume Gallienne et Amira Casar (Sound of Silence de Simon & Garfunkel) pour Dustin Hoffman, l’arrivée de Danny Boon venu désamorcer toute la polémique autour de l’absence de Bienvenue chez les Ch’tis au palmarès avec humour, mais surtout le sketch digne de ses meilleurs spectacles de Florence Foresti. Elle a en effet réussi à faire rire toute la salle mais surtout à dérider Sean Penn, allant même jusqu’à le faire se lever pour venir l’embrasser, un exploit! Je lance une pétition : Florence Foresti prochaine maîtresse de cérémonie, non ?
Pour en revenir aux récompenses elle-même Séraphine est le gagnant incontestable de cette année, et y’en a marre ! Non pas que je remette en cause la qualité du film ou de ses interprètes mais sérieusement, qui se rappellera de Séraphine ne serait-ce que dans un an ? Qui, de ceux qui n’ont pas vu le film et vont à tout prix essayer de le voir, ne sera pas déçu ? Qui ne l’a pas été avec La Graine et Le Mulet, Lady Chatterley ou bien L’Esquive. Voilà tout le paradoxe des César et peut-être la raison pour laquelle la cérémonie n’est que très peu suivie. Dommage.
Séraphine rep
art donc avec 7 statuettes (Meilleur Film, Meilleur Scénario original, Meilleure Musique, Meilleure Actrice, Meilleurs Costumes, Meilleurs Décors et Meilleure Photographie) mais trois autres films sortent également du lot, trois films ayant rencontré le succès auprès du public : Mesrine avec 3 Césars (Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur et Meilleur Son), Le Premier Jour du Reste de ta Vie, 3 également (Meilleur espoir Féminin, Meilleur espoir Masculin et Meilleur montage), et Il y a Longtemps que je t’aime (Meilleur second rôle féminin et Meilleur Premier Film).
Je reviens plus particulièrement sur les Prix d’interprétation, je me réjouis de la victoire de la fratrie Duval pour les espoirs, Déborah François et Marc-André Grondin (Le Premier Jour du Reste de ta Vie), malheureusement absent pour cause de tournage. Chez les seconds rôles, Elsa Zilberstein débute la cérémonie et les récompenses pour le magnifique Il y a Longtemps que je t’aime et Jean-Paul Roussillon offre le seul César à Un Conte de Noël. Enfin dans la catégorie reine, Vincent Cassel l’emporte sans surprise chez les hommes, mais également sans modestie. Il n’empêche que la petite vidéo souvenir à son père Jean-Pierre Cassel dans Le Farceur était très émouvante. Yolande Moreau l’emporte chez les femmes, là où j’aurais préféré que cela soit l’éblouissante Kristin Scott Thomas dans Il y a longtemps que je t’aime. L’actrice loufoque rentre ainsi dans le cercle très privé des actrices aux trois Césars.
En espérant que pour 2010 on gardera cette approche de la présentation mais qu’on évoluera au niveau du palmarès, voici celui de 2009 :
MEILLEUR FILM
- Entre les Murs de Laurent Cantet
- Il y a longtemps que je t’aime de Philippe Claudel
- Le Premier Jour du Reste de ta Vie de Rémy Bezançon
- Mesrine : l’Instinct de mort de Jean-François Richet
- Paris de Cédric Klapisch
- Séraphine de Martin Provost
- Un Conte de Noël d’Arnaud Desplechin
MEILLEUR REALISATEUR
- Laurent Cantet pour Entre les Murs
- Rémy Bezançon pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Jean-François Richet pour Mesrine
- Martin Provost pour Séraphine
- Arnaud Desplechin pour Un Conte de Noël
MEILLEUR ACTEUR
- François-Xavier Demaison pour Coluche, l’histoire d’un mec
- Albert Dupontel pour Deux jours à tuer
- Jacques Gamblin pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Vincent Cassel pour Mesrine
- Guillaume Depardieu pour Versailles
MEILLEURE ACTRICE
- Kristin Scott-Thomas pour Il y a longtemps que je t’aime
- Catherine Frot pour Le Crime est notre affaire
- Tilda Swinton pour Julia
- Sylvie Testud pour Sagan
- Yolande Moreau pour Séraphine
MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE
- Claude Rich pour Aide-toi, le Ciel t’aidera
- Pierre Vaneck pour Deux Jours à tuer
- Roschdy Zem pour La Fille de Monaco
- Benjamin Biolay pour Stella
- Jean-Paul Roussillon pour Un Conte de Noël
MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE
- Elsa Zylberstein pour Il y a longtemps que je t’aime
- Edith Scob pour L’heure d’été
- Karin Viard pour Paris
- Jeanne Balibar pour Sagan
- Anne Consigny pour Un Conte de Noël
MEILLEUR JEUNE ESPOIR MASCULIN
- Ralph Amoussou pour Aide-toi, le Ciel t’aidera
- Grégoire Leprince-Ringuet pour La Belle Personne
- Marc-André Grondin pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Pio Marmaï pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Laurent Capelluto pour Un Conte de Noël
MEILLEUR JEUNE ESPOIR FEMININ
- Léa Seydoux pour La Belle Personne
- Louise Bourgoin pour La Fille de Monaco
- Déborah François pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Anaïs Demoustiers pour Les Grandes Personnes
- Marilou Berry pour Vilaine
MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL
- Bienvenue chez les ch’tis pour un scénario de Dany Boon, Alexandre Charlot & Franck Magnier
- Il y a longtemps que je t’aime pour un scénario de Philippe Claudel
- Le Premier Jour du Reste de ta Vie pour un scénario de Rémy Bezançon
- Séraphine pour un scénario de Martin Provost & Marc Abdelnour
- Un Conte de Noël pour un scénario de Emmanuel Bourdieu et Arnaud Desplechin
MEILLEURE ADAPTATION
- Deux jours à tuer pour un scénario d’Eric Assous, Jean Becker & François d’Epenoux
- Entre les Murs pour un scénario de François Bégaudeau, Laurent Cantet & Robin Campillo
- La Belle Personne pour un scénario de Gilles Taurand & Christophe Honoré
- Le Crime est notre affaire pour un scénario de François Caviglioli, Clémence de Biéville & Victoria Lafaurie
- Mesrine : l’Instinct de Mort pour un scénario de Abdel Raouf Dafri & Jean-François Richet
MEILLEURE PREMIERE OEUVRE
- Home d’Ursula Meier & Thierry Spicher
- Il y a longtemps que je t’aime de Philippe Claudel
- Mascarades de Lyes Salem
- Pour Elle de Fred Cavayé
- Versailles de Pierre Schoeller
MEILLEURE MUSIQUE
- Reinhardt Wagner pour Faubourg 36
- Jean-Louis Aubert pour Il y a longtemps que je t’aime
- Marco Beltrami & Marcus Trumpp pour Mesrine : l’instinct de mort
- Marco Beltrami & Marcus Trumpp pour Mesrine : l’ennemi public n°1
- Sinclair pour Le Premier Jour du Reste de ta Vie
- Michael Galasso pour Séraphine
MEILLEUR DOCUMENTAIRE
- Elle s’appelle Sabine de Sandrine Bonnaire
- J’irai dormir à Hollywood d’Antoine de Maximy
- La Vie Moderne de Raymond Depardon
- Les plages d’Agnès d’Agnès Varda
- Tabarly de Pierre Marcel
MEILLEUR FILM ETRANGER
- Eldorado de Bouli Lanners (Belgique)
- Gomorra de Matteo Garrone (Italie)
- Into the Wild de Sean Penn (USA)
- Le Silence de Lorna de Jean-Pierre & Luc Dardenne (Belgique)
- There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson (USA)
- Two Lovers de James Gray (USA)
- Valse avec Bachir d’Ari Folman (Israël)























Le cinéma français dans tout ce qu’il a d’élitiste, prétentieux, tourné sur lui-même et débectant. Une horreur (et je suis tout à fait d’accord avec ta remarque sur Séraphine : dans deux ans tout le monde l’aura oublié…).
Moi ce que je préfère c’est l’immonde air suffisant de Philippe Claudel recevant son césar… beurk.