Michael Bay, ce grand enfant

3 mars 2009 par Olivier  
Classé dans Cinéma, Critiques, En projet

Tout le monde connait Michael Bay, ou au moins certains de ses films : Bad Boys I et II, Armageddon, Pearl Harbor ou encore The Island. L’an dernier (enfin j’entends par là en 2007) est sorti, pendant l’été, Transformers (qui sont à la base des jeux pour les gosses). Avec toujours aux commandes un Michael Bay déchaîné.

Après l’avoir revu avec un plaisir toujours aussi intact, je vous en propose une petite critique. D’abord l’histoire : des robots géants, qui peuvent accessoirement se transformer en voitures, avions de chasse et autres choses hyper cool, se livrent une guerre sans merci depuis des lustres. D’un côté les Autobots, les gentils, et de l’autre les Decepticons, les pas-gentils. Jusque là, normal. Mais l’enjeu est en réalité la planète Terre, sur laquelle s’est écrasé il y a de ça fort fort longtemps, un cube géant susnommé Allspark qui non ne permet pas de jouer au Rubicube, mais peut plutôt permettre à ces salauds de Decepticons de lever une armée tout aussi maléfique qu’eux… Bref, tout l’enjeu du film va donc être de tout faire pour que ce cube géant (qui n’est pas non plus un Cubor) ne tombe pas entre les mains des méchants-pas-beaux… Bon, avouons-le, le scénario n’est pas franchement original (manichéisme biblique un peu blasant), mais faut quand même avouer que ça promet de la bonne baston entre les Gentils-tout-plein et les Méchants-pas-gentils — et je suppute d’ailleurs que le but était simplement de pouvoir bastonner à tout va…

Cela dit j’attirerais quand même votre attention sur un élément assez savoureux du film, à savoir le « traitement » que fait Bay des problèmes rencontrés par un ado d’une banlieue upper-class qui veut se payer sa première voiture… Bon n’y voyons évidemment rien de bien profond mais le cabotinage de Shia LaBeouf est assez marrant à suivre (sans compter qu’il doit avoir à peu près la même maturité que son personnage, ce qui doit aider…).

Mais passées toutes ces précisions, le cœur du film peut commencer : ça explose de tous les côtés. Ça commence avec la base au Qatar, carrément annihilée par un Decepticon vraiment pas content : Bay fait voler les chars et autres camions avec un plaisir non dissimulé, comme un gosse qui s’amuserait avec des jouets hors de prix mais terriblement marrants. Le dernier plan de l’attaque, où on voit le Méchant détruire des avions, n’a aucune utilité scénaristique mais n’en demeure pas moins jouissif tant ça explose de partout. Car on voit bien que Bay s’est éclaté comme un petit fou sur ce film, avec comme seul credo : « faites péter le maximum de trucs ». Et il faut avouer qu’à ce petit jeu là, notre clippeur préféré est un as de haute voltige, voire peut-être même une sorte de génie car la maîtrise des effets spéciaux est carrément hallucinante, et c’est tout aussi vrai du rythme des bastons qui ne s’arrêtent jamais. La violence reste assez soutenable (rien de bien méchant finalement, malgré les explosions et destructions diverses) et la scène finale en ville n’est qu’un prétexte pour exploser encore plus de trucs (ouais, en toute logique vous n’allez pas planquer un cube aux propriétés titanesques au milieu de civils, surtout quand vous avez des Méchants-vraiment-méchants qui veulent le récupérer…).

Alors certes il faut savoir passer sur ces « quelques » incohérences du script, et ce n’est pas donné à tout le monde (je confesse moi-même quelques difficultés). Mais ceci fait, une fois passé cet obstacle, enjoy!, parce que ça castagne dans tous les sens, et ça castagne avec grand talent. Je sais bien qu’en temps normal on n’utilise pas ce genre de qualificatif pour des réalisateurs comme Michael Bay, mais j’ai bien l’impression que Transformers est le film de sa maturité, tant sa maitrise technique devient vraiment exceptionnelle et son sens de l’amusement hallucinant (il s’éclate tellement que ça en devient carrément communicatif). Déjà Bad Boys II ouvrait le bal et laissait présager le meilleur, et autant The Island que Transformers ont montré que l’essai avait été, et de très loin, transformé (ahah).

Alors, finalement, la seule question que je me pose c’est la suivante : à quand la suite ? Transformers 2 : La Revenche est prévu pour l’été 2009, et d’après certaines sources il semblerait que le budget soit le double de celui du premier  (soit 320 millions de dollars…). Déjà que le premier était un véritable feu d’artifice d’effets spéciaux en tous genres, je me demande donc ce que Bay va bien pouvoir faire avec un budget doublé. D’autant plus que la première bande-annonce française semble plus qu’alléchante :

 

 

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