Saturday night fever à Kerampuilh
9 août 2009 par Marine Bienvenot
Classé dans Actus, Concerts, Dossiers, Les vieilles charrues 2009, Musique
Samedi matin (enfin plutôt midi), les paupières sont lourdes, les cervicales douloureuses, les voutes plantaires endolories, les oreilles sifflantes (ouais nous sommes déjà vieux) … ça y est on y est : le 2è jour de festival peut commencer ! Alors que petit déjeuner rime avec humidité, la promenade digestive dans les rues de Carhaix devient carrément synonyme d’inauguration des ponchos jaunes poussins pour certains (pas pour moi, je garde bien entendu intact mon sens inné de la mode). L’apéro se fait donc (c’est un comble) dans la voiture, les yeux rivés sur le pare-brise espérant voir les gouttes s’estomper et disparaitre avant le début des concerts. St Jack Daniel’s des causes perdues exauce nos prières en éclaircissant le ciel aux environs de 15h30, direction la Prairie mais il est déjà trop tard pour les minots de Coming Soon, dommage.
Charlie Winston – Izia – Ghinzu – Cocoon – Renan Luce – La Rue Kétanou – Les Frères Morvan et les Tambours du Bronx – Surkin
Coincés dans ce labyrinthe de barrières qu’est le passage sécurité, on trépigne d’impatience en entendant Cocoon commencer son set et en voyant notre voisin de devant vomir sur les chaussures du mec de la sécurité (intoxication alimentaire j’imagine…). On arrive juste à temps à Glenmor pour voir un jeune homme montrer ses fesses à la douce Morgane. Choquée ? Que nenni, c’est quand même elle qui a lancé le défi. Pour les avoir vus en concerts plus de fois que ma main (la gauche ou la droite à vous de choisir) ne compte de doigts, la grande scène les impressionne et le public, entièrement acquis à leur cause de petit groupe frais parfait pour une ouverture d’après-midi, les émeut. Toute cette vague de ballades folk au ukulélé ponctuée de reprises bien choisies (Outkast, Amy Winehouse, Carl Douglas) et d’inédits plus qu’intéressant, se termine par une petite séance photo souvenir. Chupee.
En venant aux Vieilles Charrues on sait qu’on aura droit à un concert hors-normes, un concert organisé spécialement pour le festival, un concert groupant généralement deux influences n’ayant de prime abord aucun rapport l’une avec l’autre. Et cette année on peut dire que le contraste est plus que saisissant. En invitant les Tambours du Bronx, groupe de percussions urbaines, à partager la scène avec les Frères Morvan, duo mythique de folklore breton totalisant 153 ans à eux deux, les programmateurs tentent un gros coup en forme d’hommage. En voyant arriver ces deux petits papys pantalons en velours côtelé nettement au-dessus du nombril, chemises a carreaux bien entendu rentrées dans le-dit pantalon et bérets à l’ancienne, on se dit que cette scène semble bien grande pour eux. Et puis ils se mettent à chanter, en solo sur cinq morceaux pour commencer et ils envoient du bois ! Les quelques 35 000 personnes présentes ont juste l’impression de se retrouver en plein fest-noz sur la place de Plouaret-Tregor un 14 juillet, le verre de cidre à la main. Dommage que leur prestation solo devienne vite redondante et que la monotonie du rythme de leurs chants bride quelque peu les Tambours venus les rejoindre pour le final. Atypique, cette rencontre n’a peut-être pas trouvé son public mais fera du moins date pour le festival.
Après avoir repéré Marine Blue (étant moi-même Marine Red) et passé un petit moment avec elle, La Marche Impériale de Star Wars retentit et John Stargasm et ses acolytes de Ghinzu rentrent en scène en remplacement de NTM (un direct de la prison ça aurait pu être inédit… à méditer pour l’an prochain). Leur dernier album « Mirror, Mirror » hante régulièrement mes cages à miel depuis sa sortie sans les lasser et ce soir la question ne se pose absolument pas : miroir, miroir ce sont bien les Ghinzu les plus beaux. Lunettes de soleil noires vissés sur les yeux, costards classes, guitares débridées, bains de foule, émeute sur « Do You Read Me », larmes sur « The Dragster Wave », évanouissements sur « Take It Easy », escalade de clavier et rappel en portant le masque de Dark Vador. Bref, Ghinzu c’est de la cold-wave ultra chaude!
Après le show titanesque des belges de Ghinzu, on se retourne vers Glenmor pour Renan Luce, le régional de l’étape. Élevé à Morlaix, il était tout ému de venir en voisin dans un festival qui le faisait rêver depuis tout jeune. Nettement plus humble et sympathique que Bénabar hier, ses petites ritournelles ciselées aux textes attachants et filmiques, connues de tous font mouche. Le public reprend en cœur « Monsieur Marcel », « Les Voisines », « Le Lacrymal Circus » et bien entendu « La Lettre ». Et puis quand il nous fait l’honneur de quelques extraits de son prochain album Le Clan des Miros, on ne boude pas son plaisir, d’autant plus que le titre de l’un d’entre eux (intitulé « Nantes ») lui permet de réactualiser avec humour la vieille querelle entre Nantais et Bretons. Ajouté à cela un hommage à Michael Jackson et le tour est joué, Renan Luce a charmé Kerampuilh.
Après Renan Luce, certains voulait profiter d’une pause avant Charlie Winston mais c’est là que je me lève et que dis « nooooon les gars vous allez passer à côté de quelque chose d’énorme! » « Quoi ça? » me répondent-ils. « Iziaaaa! » hurle-je. Si la possibilité qu’une gamine de 18 ans retourne complètement la scène Kerouac les laisse dubitatifs, les garçons me suivent quand même. La fille de Jacques Higelin débarque toute seule sur scène avec sa guitare sur « Life is Going Down » et il lui faut moins de deux minutes pour tout faire exploser. J’ai entendu parler d’un manque de finesse et d’expérience à propos la jeune fille mais fuck, cela faisait bien longtemps qu’on avait pas vu et entendu du vrai rock, un rock gueulé du fond des tripes en France, qui plus est par une femme. De sa voix rauque, qui n’est pas sans rappeler la grande Janis Joplin, Izia électrise la foule à coup de dialogues à légère connotations sexuelles avec son public. Elle finira même par faire tomber le haut en demandant pardon à sa mère de s’être mise à poil devant 40 000 personnes. Qui a dit provocation ? Et puis côté musique elle assure avec un son caverneux et brut où elle mélange rock (« Let Me Alone »), blues (« Back In Town »), parfois pop (« Sugar Cane ») et même disco (« Disco Ball »). Procurez-vous d’ailleurs très vite son album éponyme qui fourmille de tubes! J’ai bien fait d’insister parce que pour tous les présents Izia a réussi le pari fou, à 18 ans et pour une première participation, à faire de son show le meilleur de cette édition et de générer un gros buzz sur son nom, certains la voyant déjà sur la grande scène dès .
Aaah Charlie Winston… Pour tout vous dire après la brûlante Izia, on se dit que le charmant Hobo aura bien du mal à tenir son rang de tête d’affiche (il a été déplacé sur la grande scène à 23h suite à la déprogrammation d’NTM, alors qu’il devait passer à la place de Ghinzu). Et bien on s’est mis le doigt dans l’œil car c’est un véritable show que nous offre le britannique. « Il chante bien, il est riche, beau comme un Dieu et si ça trouve il est même sympa. Énervant. » Voilà ce qu’avait titré le journal local le matin même et cela résume complètement le bonhomme (chapeau et chaussures bi-colores au rendez-vous) : une vraie pile de bonne humeur, une voix à vous filer des frissons, des tubes entonnés en cœur par toute la prairie :« Like A Hobo » of course, « Boxes » pour les petites larmichettes, « Kick the Bucket » pour nous montrer ses talents de beat-boxer et « In Your Hands » pour se renverser une bouteille d’eau sur le corps et danser entouré de gouttelettes. Comme me l’a soufflé Aurélie Blondie : quand Charlie a chaud, il met le feu!
Tous les ans, un gros « SURPRISE » est marqué en toutes lettres sur le programme du festival, attisant la curiosité de tous et amenant les suppositions les plus folles sur des artistes ayant caché leur venue. Chez nous, Eric est persuadé (mais persuadé hein) que l’anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune est un très bon prétexte à un spectacle. On a beau s’être bien moqué, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas tombé très loin. Le thème de cette année étant les extraterrestres, nous avons droit à un magnifique feu d’artifice ponctué de musiques et d’extraits de films tels que Star Wars, E.T, Les Envahisseurs… Un des plus beaux, voire le plus beau feu d’artifice que la plupart d’entre nous avait jamais vu. Un spectacle pyrotechnique hallucinant.
La première erreur de programmation intervient avec la venue de La Rue Kétanou. Si le groupe a parfaitement sa place et fourni un set enjoué, l’horaire de 2h du matin n’est pas le plus approprié à la chanson festive du groupe, que l’on aurait plutôt vu à l’heure de l’apéro (lequel? me direz-vous, il y en a tellement. Et bien plutôt celui de 18-19h). N’en reste que j’ai été plus que surprise de l’engouement déclenché par La Rue Kétanou auprès du public, notamment après deux ans d’absence pour cause de pouponnage. Il semble que de nombreux aficionados avaient fait le déplacement spécialement pour eux et ça, c’est beau pour un groupe. Ils peuvent dire merci à leur public, belle ambiance!
Voilà une deuxième journée s’achève, retour au camping sous une bruine humide et soudain … au détour d’un chemin … c’est le drame ! Dans un élan de bravoure je suis mes camarades garçons qui sautent un ravin, un canyon, qui dis-je une crevasse (vous l’aurez compris une simple dénivellation) sauf que je n’avais pas pris en compte mes 15 cm de moins et mon dos en plastique : GADIIIN ! Nous irons déposer une fleur sur les lieux de cette mémorable chute tous les jours jusqu’à la fin du festival. Retour au camping sur fond d’antiseptique, désinfectant, pansement, de moqueries complètement injustifiées et de « non mais Izia la vaaaaache! ». A demain !














J’suis allée voir Izia vendredi soir et …. elle déménage, y’a rien à dire !!!! D’ailleurs, elle a aussi tombé le haut ce soir-là…
Izia c’est tellement vrai, spontané, plus c’est gros, plus ca passe .Impros répétés, cheveux, roulades, sous tifs, solo de batterie….Deux fois, tu vois le meme truc
Peut-être, mais c’était la première fois que je voyais un concert d’elle et tu auras beau dire, ça faisait quand même un bien fou de voir un peu de fraicheur et de spontanéité mais surtout de la voir prendre plaisir à jouer SA musique et à le faire partager. Peut-être que mon enthousiasme ne résistera pas à un deuxième concert mais je lui laisse largement le bénéfice du doute