Un surréaliste dans un univers XIXe siècle… Max Ernst- Les collages originaux
20 août 2009 par Eliz
Classé dans Expositions
Un surréaliste dans un musée consacré au 19ème… Plutôt curieux, non ? Oui mais, si le surréaliste en question s’inspire du 19ème siècle, alors tout s’explique ! Max Ernst s’est, en effet, approprié des romans populaires français du 19ème siècle, illustrés de gravures sur bois, pour créer son troisième roman-collage.
Nous voilà rassurés sur le comment du pourquoi de la présence de Max Ernst au musée d’Orsay ! Nous pouvons donc commencer notre petite balade dans l’univers absurde de l’artiste…
Les collages sont divisés en cinq cahiers, (les trois derniers jours étant rassemblés dans un même petit livret), de couleurs différents : violet, vert, rouge, bleu et jaune ; couleurs reprises dans le parcours de l’exposition. Chaque jour de la semaine est illustré d’un exemple, qui correspond au thème des collages, puis d’un élément, sorte de symbole commun aux images qui se suivent. Le fil conducteur des cahiers, c’est la dramaturgie. Le pouvoir, la violence, les meurtres, les catastrophes relient les jours entre eux, ce qui n’est pas sans contradiction avec le titre donné à l’ensemble de l’ouvrage « Une semaine de bonté ». Entre ces derniers thèmes, se mêlent l’univers des contes, des légendes, des rêveries, des allégories mythologiques et également des allusions à la Genèse.
Max Ernst, en détournant les gravures sur bois du 19ème siècle, a souhaité dénoncer la société dans laquelle il vit, et les événements politiques de l’époque. Rappelons que la situation politique européenne des années 1930, est marquée par la montée des dictatures. Cependant, le spectateur d’aujourd’hui, libre de tout texte et seul face aux images, est invité à vagabonder dans ces collages et à essayer de capturer un sens… Je dis bien essayer !! Mais au-delà de vouloir déterminer le sens caché de toutes les images, nous pouvons juste admirer la dextérité de l’artiste. Car oui, les collages sont d’une perfection à couper le souffle de chacun d’entre nous ! Hé oui, on a tous essayé le collage étant enfant, mais là il faut l’avouer nous devons nous incliner…
Max Ernst « Les collages originaux ». Musée d’Orsay, jusqu’au 13 septembre 2009.








