Bright Star, romantique et tragique

28 janvier 2010 par Thomas Lapointe  
Classé dans Cinéma, Critiques

Six ans après son dernier film In The Cut, retour en grâce pour la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion avec Bright Star, un film sur les dernières années de la vie du poète romantique anglais John Keats.


Nous sommes près de Londres au début du XIXe siècle. Malgré des premiers contact plutôt froids, le poète John Keats, âgé de 23 ans, s’éprend de sa voisine Fanny Brawne, une jeune femme un rien effrontée et originale. Débute alors une histoire d’amour ravageur que ni leur entourage, ni la maladie ne pourront arrêter.

Avec Bright Star, Jane Campion ose le sentimentalisme profond en s’emparant avec la plus grande sincérité des clichés poétiques, mais réussit à éviter – exercice ô combien délicat – toute sensiblerie niaise. Sous les apparences élégantes et raffinées du film à costume, les cœurs et les esprits se consument sans retenue. Un tumulte des sentiments auquel répondent la beauté visuelle et la lumière exaltante des images, grâce au travail du directeur de la photographie Greig Fraser.

Mais cette idylle romantique et tragique ne serait rien sans l’éclat de l’œuvre de Keats, sublimé par l’interprétation magistrale de Ben Whishaw (le Jean-Baptiste Grenouille du Parfum de Tom Tykwer). Son délicieux accent britannique et son phrasé restituent à merveille la beauté de la langue de Shakespeare et illuminent les sonorités des vers du poète. A ses côtés, la jeune australienne Abbie Cornish, pleine de fureur d’aimer, se languit devant la sensualité prononcée de Keats et de ses lettres passionnées. Une exaltation du verbe et du sentiment qui donne envie d’aimer.

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