La Régate, violence des échanges en milieu familial

10 mars 2010 par Thomas Lapointe  
Classé dans Cinéma, Critiques

Avec La Régate, Bernard Bellefroid réalise un film subtil et touchant sur la relation violente qui unit un père à son fils.

A 15 ans, Alexandre vit seul à Namur avec son père. Un père violent qui le bat à la moindre confrontation. Pour échapper à ce quotidien cruel, Alexandre a l’aviron comme refuge. Et comme seule obsession : gagner les championnats de Belgique.

A travers cette histoire, le réalisateur aborde un sujet difficile, sans pathos et sans mièvrerie. Au contraire, en refusant le romanesque et la psychologie, il s’attache à rendre compte de la relation ambigüe entre ce père et son fils. Une relation faite de violence et de coups, et malgré tout d’amour, d’un amour paternel qui n’arrive pas à s’exprimer ni à se faire comprendre. Une relation où les rôles tendent également à s’inverser : qui est le père ? qui est le fils ?

Un cinéma à fleur de peau où Bernard Bellefroid met en scène des meurtrissures personnelles intensément vécues par ses comédiens (le jeune Joffrey Verbruggen, dont les hésitations du jeu rajoutent à la vérité de son personnage, et Thierry Hancisse, de la Comédie-Française, à l’ambivalence plus que troublante). Un premier long-métrage pudique et bouleversant, dont le ton juste révèle tune profonde maturité. Une belle révélation.


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