Morphing Nicolas Cage
12 août 2010 par Marine Bienvenot
Classé dans Cinéma, Morphing
Nicolas Cage … (soupir) est aujourd’hui ce que j’oserais appeler un loser magnifique. Membre d’une des dynasties bénies du cinéma (c’est un Coppola que diable!), début de carrière fracassant, rôles inoubliables et récompensés (Oscar et Golden Globe pour Leaving Las Vegas) … Cage est incontournable. Après une décennie 90 où il s’impose grâce notamment à ses rôles dans Sailor et Lula et Leaving Las Vegas et devient une tête d’affiche de blockbusters (Rock, Les Ailes de l’Enfer, Volte/Face, 8mm…), sa carrière prend un tout autre virage dans les années 2000. Il commence ce nouveau millénaire en poursuivant son incursion dans le monde des blockbusters (60 Secondes Chrono, Windtalkers) mais trouve surtout en 2002 un rôle à sa (dé)mesure : celui de Charlie/Donald Kaufman dans Adaptation de Spike Jonze, scénariste en pleine crise existentielle. Après cela, quelques éclairs de génie (Lord Of War, Kick-Ass) mais surtout un océan de films familiaux où son style flirte avec le ridicule (Benjamin Gates, L’Apprenti Sorcier), une ribambelle de bouses intersidérales (Ghost Rider, Prédictions, Bad Lieutenant:Escale à la Nouvelle-Orléans) et un brûlot politique anti-Bush dégoulinant de sentimentalisme malvenu dont on se serait bien dispensé (World Trade Center). Le talent de Mr Cage semble s’être éteint ou plutôt être très mal servi, n’en déplaise au spectacle capillaire vivant qu’il semble souhaiter nous fournir à chaque rôle. Diaporama à sous-titrer « Rien que pour vos cheveux ».
1. Valley Girl : Randy le punk citadin tombe éperdument amoureux d’une campagnarde. Conte de fée moderne pour Nic Cage qui trouve là son premier rôle notable. Détail qui tue -> la mèche blonde allant de paire avec le regard lunaire (pour ne pas dire bêta).
2. Arizona Junior : Deuxième film des aujourd’hui très respectés frères Coen, Arizona Junior apporte la reconnaissance du métier qui voit en Cage un caméléon. Il y joue Hi, un ex-taulard rentré dans le rang pour l’amour de sa femme, policière. Malheureusement stérile, le couple décide de voler l’un des quintuplés qui font la fierté locale en espérant que personne ne le remarquera. Détail qui tue -> j’ai envie de dire que c’est un tout allant de la moustache fournie aux cheveux en l’air en passant, bien évidemment, par le marcel sous la chemise hawaïenne.
3. Sailor et Lula : C’est grâce à David Lynch que sa carrière s’envole en 1990, il est le Sailor de son Sailor et Lula, Palme d’Or au festival de Cannes. Fou d’amour pour l’innocente Lula, ils devront se défaire de personnages tous plus étranges et inquiétants les uns que les autres. Y compris la mère de la jeune fille. Détail qui tue -> La veste en peau de serpent, classe.
4. Les Ailes de l’Enfer : Film d’action à rôle stéréotypé, Cage amorce avec Les Ailes de l’Enfer son virage vers les films d’action à gros budget. Il y est Cameron Poe, ancien ranger incarcéré injustement et qui, au jour de sa liberté et pendant son transfert en avion, doit faire face à une mutinerie de ses co-détenus, l’empêchant de rejoindre sa famille. Détail qui tue -> le look total taulard : le nombre de jours enfermé se calcule à la longueur des cheveux, même si ça sent le mauvais rajout fait en poil de chihuahua maltais.
5. Adaptation : Charlie Kaufman (scénariste de Dans La Peau de John Malkovitch, Human Nature, Eternal Sunshine of the Spotless Mind…), voilà qui Nicolas Cage se doit d’interpréter dans ce film de Spike Jonze. Mais surtout un scénariste en panne d’inspiration et en proie aux doutes. Détail qui tue -> la coupe rouquin albinos allié à une calvitie marquée et à une nature de cheveux fort canine (Canis lupus familiaris). Glam au possible.
6. The Weather Man : Dans The Weather Man, Gore Verbinski permet à Cage d’incarner un Mr tout le monde (qui est aussi Mr Météo) qui, à l’aube d’une promotion professionnelle, tente de regagner l’estime de sa famille. Ce qui change Cage des rôles de gros-bras/sauveur-du-monde/mais-parfois-plus-méchant-qu’on-ne-le-croit dans lesquels il commence à s’enfermer. Détail qui tue -> la raie sur le côté, le sourire niais et le regard d’ahuri du gentil garçon dépassé par les événements.
7. World Trade Center : Oliver Stone est le premier à porter à l’écran le drame du 11-Septembre, seul problème c’est pompeux et de ce fait insipide. L’interprétation de Cage en pompier coincé sous les décombres est du même acabit, too much. Détail qui tue -> A ceux qui seraient tenté de répondre le casque, je dis non! Là où le casque n’est qu’un vulgaire (mais imposant) accessoire, la moustache, elle, retient toute notre attention. Quelle stature !
8. Ghost Rider : Cherchons acteur has been, pas très regardant sur scénario, avec des prestations salariales revues à la baisse pour incarner un ancien cascadeur dont l’âme a été vendu au Diable en échange de la vie d’un de ses parents. Devra se servir de ses nouveaux pouvoirs pour se retourner contre son Boss, alias le Mal absolu, tout en se transformant en torche vivante. Détail qui tue -> Qui a cru qu’on ne verrait pas qu’il s’agit là d’un sosie de Nicolas Cage?
9. Bangkok Dangerous : Quand des réalisateurs hongkongais (les frères Pang) sont choisis pour réaliser eux-mêmes le remake américain de leur (intéressant) polar on se dit chouette! Mais non, le héros sourd-muet de la première version ne l’est pas en version américaine. Qui aurait en effet envie de faire taire Nicolas Cage? On se le demande… Détail qui tue -> Là encore les expérimentations capillaires de Nic ne sont pas des plus gratifiantes. La chevelure, que dis-je la crinière, que dis-je la perruque, ne lui sied guère.
10. Kick-Ass : Pour Cage, qui a failli être le Superman de Tim Burton, incarner un super-héros était un rêve. Matthew Vaughn l’a rendu réalité en lui donnant le rôle de Big Daddy, justicier masqué amené à collaborer avec le jeune Kick-Ass. Détail qui tue -> Si pour Damon Macready, l’ancien policier en quête de vengeance, le style se résume à un gilet en laine, à des lunettes à triple foyer et à un pantalon de velours côtelé, son alter ego super-héroïque sans pouvoirs, Big Daddy, impose le respect avec son bouc blond et surtout le khôl autour de ses yeux.
11. L’Apprenti Sorcier : Rentré dans le sérail du film familial avec les deux aventures de Benjamin Gates, Indiana Jones des temps modernes, Nicolas Cage en retrouve le réalisateur (Jon Turtletaub) pour L’Apprenti Sorcier. Comme l’acteur n’a plus grand chose d’apprenti, il est bien évidement le formateur un brin dingo (c’est rigolo). Détail qui tue -> le poil de raton laveur fait d’horribles perruques, n’essayez pas. En même temps c’était le seul accessoire que Nicolas Cage n’avait pas encore testé pour ses cheveux.
12. Drive Angry : Un revenge movie, voilà peut-être un genre qui manquait à la palette pourtant bien fournie du comédien. En amateur limite obsessionnel des voitures, incarner un homme partant à la recherche des meurtriers de sa femme et kidnappeurs de sa fille à bord de bolides plus impressionnants les uns que les autres. Détail qui tue -> le rictus ? C’est peut-être la première fois que l’acteur à l’air vraiment méchant. A mon avis ce n’est pas étranger au fait qu’il a dû bien morfler, rapport aux coquards, entailles et autres cicatrices qu’il porte sur la photo. Dois-je mentionner la décoloration complète en mode eau de javel pour un effet fillasse du plus bel effet? Oui, définitivement. Bad Nic ? A voir et c’est peut-être là le plus intéressant, Nicolas Cage n’a pas fini de nous surprendre.












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