Les Amours imaginaires
14 octobre 2010 par Thomas Lapointe
Classé dans Cinéma, Critiques
Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes cette année, Les Amours imaginaires marque le retour du jeune génie du cinéma québécois Xavier Dolan, un an après son premier film remarqué, J’ai tué ma mère. Ou comment allier avec brio Musset et Sheila.
Figure récurrente de la littérature et du cinéma, le trio amoureux est au cœur du deuxième film de Xavier Dolan. Francis et Marie, deux meilleurs amis, tombent sous le charme du même garçon, croisé lors d’une soirée. Se met alors en place un combat de tous les instants pour capter l’attention de l’angelot blondinet, quitte à se mettre des bâtons dans les roues et détruire l’amitié qui les liait l’un à l’autre.
Xavier Dolan s’empare de ce canevas de scénario assez mince et mille fois rebattu au cinéma pour en faire un petit bijou esthétique passionné et vénéneux sur les incompétences sentimentales de ses deux personnages. Porté par une mise en scène audacieuse, le film se revendique d’un romantisme effronté, inspiré par la littérature du désespoir amoureux, qui égrène les clichés comme autant de vignettes d’un roman-photo. Malgré cela, point de naïveté et d’amour à l’eau de rose là-dedans : les dialogues écrits par Dolan sont d’un cynisme et d’une maturité cinglants. Avec tout ce que cela comporte de nombrilisme et d’égocentrisme, dus à son insolente jeunesse.
Une jeunesse sublimée par une réalisation maniérée faite de ralentis envoûtants, de couleurs chamarrées et de mélodies entêtantes, qui brûle d’un feu adolescent et met tous les sens en émoi. Et n’en déplaise à monsieur, le jeune Dolan ne peut qu’être le fruit d’une partie de jambes en l’air entre Gus Van Sant (et ses lents travellings de dos), Pedro Almodovar (et ses jeux de couleurs baroques), Christophe Honoré (et sa confusion des sentiments), Gregg Araki (et son esthétique pop et acidulée) et surtout Wong Kar-Wai (et son fétichisme cinématographique), dont il semble renier des emprunts pourtant évidents. D’ailleurs, tout comme pour le cinéaste hong-kongais, le deuxième film de Xavier Dolan a les défauts de ses qualités : ces moments de grâce tout en retenue que l’on trouvait par touches ici et là dans J’ai tué ma mère comme dans In The Mood For Love se déversent à flots outranciers (et assumés avec ironie) dans Les Amours imaginaires comme dans 2046. Un sur-esthétisme qui en agacera plus d’un, mais qui n’en donne pas moins un film magnifique et bluffant.











je sais pas si c’est un génie, mais en tout cas il a un énorme talent pour 21 ans. Moi je suis resté scotché devant les amours imaginaires,je le conseil à tout le monde. J’ose même pas imaginer ce que ça va être avec son prochain film : Laurence Anyways.
Son casting comprendrait peut-être Nathalie Baye et Louis Garrel, du lourd on peut le dire.
Je vais suivre le plus possible l’actualité autour de ça.