Bloody Sunday à Carhaix

Moby (© A.Somvang)

Moby (© A.Somvang)

Le voilà ce fameux dernier jour, où le cerveau semble comme embrumé, trop occupé à passer outre la douleur physique et la fatigue (ouais on est vraiment très vieux!). Bizarrement c’est aussi celui dont on se rappelle le plus, celui qui marque la fin de l’aventure et les souvenirs les plus fous. Dans le désordre : dégagement d’un couloir au milieu des festivaliers en plein concert pour courir un 100 mètres à quatre pattes, terminer son régime kebab-frites à une moyenne d’environ six pour trois jours, vivre les yeux fermés tout le concert de Francis Cabrel et par la même passer pour un aveugle auprès des festivaliers qui viennent proposer leur aide, partir dans un slam non-désiré et atterrir juste à côté d’un camarade, récupérer son crédit à minuit et appeler la terre entière pour faire profiter de Moby, retrouver votre oncle (aveugle et les genoux en sang) alors que vous ne l’avez pas vu depuis la veille au soir … j’en passe et en oublie sûrement. Tout ça pour vous dire que les Charrues ça se termine dignement : bien accompagné, avec le beau temps (enfin), le cerveau plus qu’ouvert à la (bonne) musique et les semelles trouées à force de sauter. Let’s Go!

Saturday night fever à Kerampuilh

Izia (© F.Villemin)

Izia (© F.Villemin)

Samedi matin (enfin plutôt midi), les paupières sont lourdes, les cervicales douloureuses, les voutes plantaires endolories, les oreilles sifflantes (ouais nous sommes déjà vieux) … ça y est on y est : le 2è jour de festival peut commencer ! Alors que petit déjeuner rime avec humidité, la promenade digestive dans les rues de Carhaix devient carrément synonyme d’inauguration des ponchos jaunes poussins pour certains (pas pour moi, je garde bien entendu intact mon sens inné de la mode). L’apéro se fait donc (c’est un comble) dans la voiture, les yeux rivés sur le pare-brise espérant voir les gouttes s’estomper et disparaitre avant le début des concerts. St Jack Daniel’s des causes perdues exauce nos prières en éclaircissant le ciel aux environs de 15h30, direction la Prairie mais il est déjà trop tard pour les minots de Coming Soon, dommage.

Un Vendredi aux Vieilles Charrues

Lenny Kravitz (©P. Iglésias)

Après le montage des tentes, la distribution des « chambres », l’apéro traditionnel et une grosse frayeur au barrage (« Billet annulé, liste noire entrée refusé » … mais comment ont-ils su que j’étais traquée par Interpol?) nous voici enfin mes camarades et moi-même dans le saint des saints avec un magnifique bracelet recouvert de petits extraterrestres verts au poignet (sauf pour le chanceux qui a décroché le V.I.P tsss) en ayant toutefois loupé Nneka et Montgomery. Moyen bof pour l’une, ultra-prometteur pour les autres qui m’avait déjà fortement marqué il y a 4 ans au même endroit.

Vieilles Charrues, on y était (et pas qu’un peu!)

Et bien voilà, une semaine après avoir quitté la prairie de Kerampuilh sous la pluie (qui nous avait épargné pendant les concerts durant quatre jours : un miracle), je n’ai plus les oreilles qui bourdonnent, les Converses grises (achevées) ont été enterrées auprès des bleues (édition 2005) et des bordeaux (édition 2007) là où aucune herbe ne pousse depuis… mais par-dessus tout, les images enchantées et les sons enchanteurs de ces quatre jours sont toujours imprimés sur mes rétines et dans mes tympans. Il est donc grand temps de dresser un bilan de ce 18è Festival des Vieilles Charrues.