Nos 20 films cultes de 2008

Il nous aura fallu un peu de temps pour rattraper les (quelques) films qui nous avaient échappés en 2008, un peu de temps pour établir clairement les films qui nous paraissent indispensables dans votre vie de cinéphiles, les films qui traverseront les ans avec le statut de film culte, générationnel, incontournable … Mais voici ENFIN les 20 long-métrages qui sont pour nous, les meilleurs de l’année cinématographique 2008. Ils peuvent être d’animation, de fiction ou documentaires ; être sérieux ou comique ; nous faire réfléchir ou juste passer un bon moment ; s’inspirer de faits réels, retracer la vie d’hommes et femmes ayant eu un destin exceptionnel (les fameux biopics) ; ils ont connu un succès d’estime ou un véritable engouement populaire ; ils ont remporté des Césars, des Oscars voire des Palme d’Or ! Bref ils sont exceptionnels et/ou inoubliables.

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Les meilleures séries de 2008

Cette année encore, nous avons eu droit à des séries télé plus inventives que jamais. Des séries avec des idées, des séries magnifiquement écrites, filmées et brillamment interprétées. Mais plus important encore, des séries avec une ouverture d’esprit dans l’écriture sans précédent et la disparition des plus grands tabous.

Cette année surtout, on s’est posé la question de savoir si les séries n’allaient pas finir par remplacer les films sur le petit écran, mais on s’est tout de même réjouit de voir la qualité de celles-ci flirter avec la créativité et le talent dont font preuve les productions cinématographiques.

Cette année enfin, fut marqué par un conflit, celui des scénaristes hollywoodiens qui a paralysé l’activité audiovisuelle pendant plusieurs mois. C’est pourquoi nous avons souvent eu droit à des saisons raccourcies pour bon nombre de séries, cela ne nous empêchera pas d’en élire nos chouchous.

1. Friday Night Lights : Chef d’œuvre. On pourrait s’arrêter là, mais ça ne suffirait pas pour vous donner l’envie de découvrir cette série si ce n’est déjà fait. En 2004, Peter Berg adapte au cinéma l’épopée d’une petite équipe de football lycéen originaire d’une petite ville du Texas, lors du championnat d’Etat. En 2006, il poursuit l’aventure sur petit écran avec la création de Friday Night Lights diffusé par NBC. En prenant l’apparence d’un teen show, la série surprend son monde en décryptant la vie d’américains ordinaires. Pas celle des minorités (favorisées ou non), non juste l’Amérique moyenne. Situer l’action au Texas n’est pas anodin, c’est un état difficile où le sport peut être un ascenseur social, un moyen de faire quelque chose de sa vie mais qui, par la même occasion, est synonyme de pression, d’obligation de réussite pour s’assurer un avenir meilleur, meilleur que celui de ses parents ou de ses frères et soeurs. Friday Night Lights prend le football comme prétexte pour parler des difficultés, des joies, des peines, des ambitions et des espoirs que ces gens portent en eux. Et tout sonne juste (jusqu’à la réalisation nerveuse, patte d’un Peter Berg aujourd’hui reconnu par Hollywood « Hancock », « Le Royaume ») comme ayant pris la forme d’un documentaire : les dialogues, les situations, les épreuves semblent avoir été vécues et c’est pourquoi nous même vivons intensément chaque épisode, chaque match. Eric Taylor (admirablement joué par Kyle Chandler), le coach de cette équipe, est plus qu’un simple entraîneur, il est l’homme qui rend les rêves possibles, et à ce titre il est l’objet d’une attention et de pressions constantes, tout en étant respecté, admiré et écouté. Annulée par NBC au terme de sa deuxième saison, Friday Night Lights, adulée par la critique, a ressucité sur le câble même si son avenir reste en suspend, la troisième saison pouvant être la dernière. Friday Night Lights est donc bel et bien un chef d’œuvre mais par dessus tout, de superbes tranches de vies pleine d’espoirs et de réalisme, une magnifique histoire, une histoire injustement méconnue.

2. Damages : En état de choc, Ellen Parsons erre dans la rue de beau matin à moitié nue et pleine de sang. Que lui est-il arrivé ? Six mois plus tôt, la jeune avocate avait un avenir prometteur. Elle était sur le point de signer avec un prestigieux cabinet lorsque Hewes & Associés a pris contact avec elle. Patty Hewes, qui dirige le cabinet d’une main de maître, vient de se lancer dans une croisade contre Arthur Frobisher, un des plus grands dirigeants du pays, et l’un des plus corrompus aussi… Voici Ellen plongée au coeur de ce monde où faux-semblants, manipulations, mensonges et complots meurtriers sont légions, et dont les commanditaires et exécutants ne sont pas toujours ceux que l’on croit… Si l’on ne devait retenir qu’une toute petite faiblesse a cette première saison, proche du chef d’oeuvre, ce serait le léger temps mort de quelques trois épisodes au milieu qui nous laisse décrocher un peu. On se rend vite compte que c’était en fait pour nous laisser un peu de répit avant un final éblouissant, explosant en vol toutes les certitudes que l’on croyait avoir. Il faut dire que du côté de l’interprétation ça se bouscule au portillon du génie : Glenn Close (Patty Hewes) glaçante, Rose Byrne (Ellen Parsons) touchante, Zeljko Ivanek (Ray Fiske) saisissant, Tate Donovan (Tom Kent) brillant, Ted Danson (Arthur Frobisher) angoissant… De toutes les façons nous voilà avec les clés en main pour une saison 2 qui s’annonce dantesque pour cause de vengeance prévue début janvier… Impatience quand tu nous tiens …

3. Pushing Daisies : Il est de ces séries que l’on a envie de prolonger à l’infini tant on se sent comme dans un cocon dans leurs histoires, leurs décors, leurs personnages. Pushing Daisies est de celles-ci. Sucrerie que l’on ferait durer à l’infini, couleurs acidulées, intrigues doucereuses, univers inspirés de  ceux de Lewis Carroll, Tim Burton et Jean-Pierre Jeunet dans lequel on plongerait comme pour se mettre à l’abri, la série de Bryan Fuller peut provoquer l’écoeurement chez les durs à cuir et le ravissement chez les adeptes du kitsch et du rétro.  Ned découvre dans son enfance qu’il peut ramener à la vie des personnes décédés mais que si cela dure plus d’une minute, un autre être vivant prendrait leur place. Piégé à ses dépend Ned n’utilisera plus son pouvoir que pour venir en aide à son seul ami, un détective privé qu’il aide à résoudre des crimes. Jusqu’au jour où il « réveille » son amour d’enfance tel le prince de la Belle au Bois Dormant et qu’il ne peut se résoudre à la renvoyer dans l’autre monde. A partir de ce jour il ne pourra plus avoir le moindre contact corporel avec elle. L’interprétation est portée par des débutants et des moins débutants pétris de talents (Lee Pace, Anna Friel, Chi McBride, Kristin Chenoweth…) qui donnent corps à des personnages simples comme l’histoire à laquelle ils appartiennent. Point de dramaturgie poussée à l’extrême de la simplicité et du bonheur tout court. Malheureusement la noirceur actuelle du monde a eu raison de ce petit bijou de couleur. La série ayant été marqué par la grève des scénaristes l’an dernier, elle n’a pas su conquérir un public et malgré un noyau dur de fidèles s’est vu annuler par ABC. Le treizième épisode de la saison 2 sera donc le dernier d’une série inoubliable.

4. Gossip Girl : Si la saison 1 a eu du mal à décoller c’est principalement à cause de l’étiquette de teen show standard qu’on lui a collé. Lancé à la rentré 2007 par Josh Schwartz et Stephanie Savage, déjà créateur de The O.C, réussite dans le même genre, Gossip Girl conte les destins croisés de jeunes gens qui ont la chance d’être nés du bon côté de New-York, l’Upper East Side. Jeunesse dorée rime avec décadence et c’est ce qui a rythmé les épisodes tout en l’assaisonnant de secrets, d’amours impossibles,  de rivalités plus ou moins dissimulés. La sauce a pris et la seconde saison est lancé à grand renfort de campagnes publicitaires chocs laissant augurer une storyline plus poussée, plus adulte et plus dark. Fait est dit, Gossip Girl passe la seconde avec un côté plus sombre qui a tout pour séduire même les plus réfractaire tout en gardant ce côté  glamour, réaliste et critique de la frange la plus dorée de la société.

5. Dexter : Qui verra des points communs avec le livre de Brett Easton-Ellis, American Psycho, aura raison, il suffit pour cela d’apprécier le générique qui se réfère (en style) au film su même nom. Au delà de cette comparaison, Dexter est certainement un des plus beaux bijoux télévisuels de ces dernières années. Comment aimer un être inhumain et meurtrier mais qui n’a appris à tuer que les méchants? On s’en détesterait presque de comprendre, voire de remercier, ce serial-killer-justicier. Des scénarios excellents, des acteurs impeccables (à quand le Golden Globes pour Michael C. Hall?) et un héros à la fois dérangeant et attachant. D’un humour noir décapant, Dexter ne laisse personne indifférent. Après avoir exploré l’absence d’identité, les dépendances psychotiques, le manque de répères, une certaine vision de la justice, de la famille et de l’amour, la troisième saison a encore sû se renouveler pour le plus grand plaisir de ce très cher Dexter Morgan, et le nôtre. La troisième saison venant de s’achever sur Showtime avec une pluie de record d’audience, Dexter est encore sûr de revenir sur nos écrans pour au moins 2 saisons supplémentaires. Joie !

6. Californication : Et il l’a fait !!! Quelques années après X-Files, David Duchovny est revenu l’an dernier par la grande porte des séries avec un rôle d’ordure au grand coeur dans Californication. Hank Moody est largué, dans tous les sens du terme : sa femme le quitte et sa vie n’est que débauche et désoeuvrement. Ce fils imaginaire de Bukowski n’arrive même plus à écrire une suite à son roman, grand succès littéraire très mal adapté au cinéma. Hank est un cynique, Hank est un salaud, Hank est amoral mais Hank et aussi (et surtout?) sensible, un bon père et un mec bourré de talent. Ce rôle c’est du pain béni pour Duchovny qui fait le show (le chaud?) à chaque minute. Avec cette nouvelle saison on craint le pire : Bastard’s Hank semble rentré dans le droit chemin, semble enfin être devenu mature (patch anti-nicotine, vasectomie, un job de biographe) et la série semble ronronner sur le chemin tranquille d’un succès mérité l’an dernier. Limite ennuyeux. Oui mais voilà, le producteur de rock dont Hank est censé faire la biographie est en quelque sorte son alter-égo et on sait tous qu’Hank Moody est influençable … Bref, entre son introspection réussie et son véritable caractère, Hank vogue tranquille dans les eaux de Californication saison 2, vivant plus de ses erreurs passé que continuant à en commettre. Vous serez peut-être dérouté mais cette saison voit enfin notre héros prendre ses responsabilités tout en gardant son esprit grunge, défonce, sea, sex & sun. Jouissif.

7. Lost : Lost c’est quoi ? et bien avant toute chose un énorme buzz que ce soit aux Etats-Unis, en France ou partout ailleurs en 2004-2005. Imaginez-vous une île (soi-disant) déserte, après le crash de votre avion. Un paysage paradisiaque qui peu à peu laisse place à un monde beaucoup moins idyllique qu’il n’y parait. La grande force de la série est l’utilisation de flashbacks sur la vie de chaque protagoniste de l’île. Pourquoi sont-ils ici ? pourquoi se sont-ils déjà tous croisés avant le crash ? Purgatoire ou simple hasard ? Quoiqu’on en dise, après un démarrage canon Lost s’est un peu perdu dans un dédale de questions dont on a que trop attendu les réponses (saisons 2 et 3). Seulement voilà, le final explosif de la saison 3 et son cliffhanger révolutionnaire ont relancé la machine et la saison 4 (quoique reportée au début du mois de janvier) fut épique : révélations et réponses sont enfin apparues et la série est repartie sur de nouvelles bases avec un traitement de l’histoire beaucoup plus rapide et actif. Certes de nombreuses questions restent en suspend, mais cette fois on sait qu’elles trouverons une réponse rapidement, d’autant plus que les créateurs ont décidé de ne pas aller plus loin qu’une sixième saison. Tout s’accélère sur l’île.

8. Brothers & Sisters : Comme chaque année le début de cette troisième saison fut laborieux, mais la famille Walker et tellement attachante et les relations brothers / sisters si finement décortiquée que les histoires en deviennent vite passionnantes, tirées vers le haut par un casting époustouflant : Rachel Griffiths (Six Feet Under), Sally Field (Forrest Gump), Ron Rifkin (Alias), Calista Flockhart (Ally McBeal), Balthazar Getty (Alias), Patricia Wettig (Prison Break), Rob Lowe (A la Maison Blanche), Emily Van Camp (Everwood) … A la suite d’un drame, une fratrie de cinq et leur mère doivent apprendre à gérer les situations de crise et les surprises de la vie ensemble. Le principal atout de Brothers & Sisters vient des relations délurées entre les différents membres de la famille et la surprotection hilarante de Sally Field. Un bonheur.

9. How I Met Your Mother : On  ne peut pas dire que je sois fan de sitcoms les rires forcés en fond sonores m’horripilent au plus haut point, oui mais voilà j’ai découvert How I Met Your Mother! Digne héritière de Friends pour certain, la série se démarque pourtant totalement de son illustre aînée par un esprit loufoque constant. Là où Friends avait fini par devenir plus planplan, How I Met Your Mother (bon qui n’en est certes qu’à sa 4ème saison) ne vous laisse aucun répis. Les répliques cultes fusent, les personnages les situations les plus invraisemblables mais surtout dès qu’une nouvelle femme apparait dans la vie de Ted vous ne pouvez vous empêcher de vous demander si c’est elle la Mother … AWESOME ! Un petit conseil, la version française ne retranscrit absolument pas la folie douce des acteurs, les jeux de mots constants du scénario alors jetez-vous sur la version originale, un régal. How I Met Your Mother a échappé à l’annulation deux années de suite et semble désormais parti pour durer. It’s legen – wait for it – dary !! comme le dirait si bien le légendaire Barney Stinson interprété avec talent par Neil Patrick Harris.

10. Grey’s Anatomy : Après 5 ans passés aux côtés de nos internes devenus résidents, on ne se lasse peu des aventures du personnel du Seattle Grace. Bien plus qu’une simple série médicale comme a pû l’être Urgences (à laquelle la série de Shonda Rhimes a été comparé à ses débuts), Grey’s Anatomy sait faire cohabiter avec brio l’humour, le cynisme, et le dramatique tout en gardant une touche de fraicheur bienvenue. Cette saison 5 semble en avoir fini avec le chassé-croisé Meredith-Derek, pour notre plus grand bonheur, et la storyline fait la part belle aux relations des différents protagonistes tout en gardant ce mélange de folie et de professionnalisme. Dommage que les relations extra-tournage (licenciement abusif de Brooke « Erica Hahn » Smith, coup de sang de T.R « George O’Malley » Knight qui menace de quitter la série…) ternissent la série qui est pourtant, cette année encore, à son meilleur.

11. Nos Enfants Chéris : Et bien oui il y a bien une série française dans ce classement ! Je ne l’aurais pas parié il y a de cela quelques mois, mais voilà Nos Enfants Chéris est un bijou de drôlerie et de folie, à regarder sans modération. On ne peut pas dire que la fiction à la française soit une réussite, Canal+ est la seule chaîne à sortir la tête de l’eau et à proposer des séries inventives avec entres autres Nos Enfants Chéris ou bien encore Mafiosa, le clan. Sortis de l’imagination de Benoit Cohen en 2004 sous forme de film, le réalisateur et la chaîne ont eu l’idée de poursuivre les aventures Martin, Constance, leurs enfants (respectifs ou qu’ils ont eu avec d’autres), leurs ex, leurs parents, beaux-parents, amis, cousins et autres à la télévision. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça décoiffe, tout le monde est au bord de la crise de nerfs à tout moment ce qui donne des situations plus cocaces les unes que les autres brillament interprétées par Mathieu Demy, Romane Bohringer, Mathias Mlekuz, Eléonore Pourriat, Laurence Côte

12. Mad Men : pourrait avoir la palme de la série que tout le monde encense mais que personne ne regarde. Parfait résumé en effet pour cette série  qui allie récompenses critiques (Golden Globes de la meilleur série et du meilleur acteur) et record d’audience sur la chaîne privée AMC. Dans les années 60, Don Draper travaille dans la pub. Il vit entre son job, sa famille, sa maîtresse, quelques verres et beaucoup de cigarettes. Autour de lui on cherche à obtenir son amour ou sa perte. Ce sont surtout les affres du métier de publicitaires dans agence de Madison Avenue et les moeurs de l’époque qui sont passés au crible. Mad Men et moi, c’est une histoire d’amour et de haine incompréhensible : au cours de sa saison 1 je suis passée par tous les stades : l’insignifiance, l’amour, l’exaspération. Je l’ai parfois trouvé surestimée, et parfois non. Mas je dois reconnaitre que si l’on s’ennuie parfois, les scénaristes réussissent à éviter les pièges des clichés imposés par l’époque et à nous donner une vision réaliste et non-idéalisé de la vie américaine au cœur des sixties. La fin de la saison 2 sera sûrement le moment qui me permettra de trancher sur tous ses sentiments.

13. Cold Case : en mettant en parallèle deux espaces temporels, Lily Rush et son équipe enquêtent sur des meurtres non-élucidés. Personnages du passé et du présent se retrouvent, les histoires s’entremêlent, ce qui nous aide à mieux visualiser et comprendre des événements qui se sont déroulés des années auparavant. Les auteurs ont le courage d’aborder des sujets sans tabous et sans faux-semblants depuis le purement sordide (inceste, viol, infanticide) jusqu’aux épisodes pas toujours glorieux de l’histoire américaine (la folie du MacCartysme, la ségrégation des minorités, l’homophobie). Mais la plus grande qualité de Cold Case c’est surtout le traitement très original et étrangement nostalgique utilisé pour aborder les différents époques depuis le choix des musiques jusqu’à la reconstitution fidèle de la période, en passant par le choix des personnages jeunes/vieux qui affichent tous une réelle ressemblance physique. A cela s’ajoute une étude de la complexité humaine : depuis le salaud confit dans sa haine au fil du temps, au meurtrier accidentel pétri de remord et qui ne fait que survivre, sans oublier les proches et témoins qui cherchent à maintenir tant bien que mal le souvenir du disparu. Et quand survient à la fin la vision de la victime en signe d’adieu, l’émotion vous prend souvent aux tripes.

14. The Tudors : Se lancer dans une série historique n’est pas à la portée de toutes les chaînes (ni de toutes les bourses) et Showtime s’est lancé avec brio dedans avec la production de The Tudors, fresque historique sur la vie très tourmentée du jeune Henri VIII (ses relations tumultueuses avec les femmes, ses alliances politiques…) dans l’Angleterre du 16è siècle. La deuxième saison est d’avantage axée sur la soif de pouvoir d’Henri VIII et de son combat pour la séparation de l’Eglise catholique et le royaume d’Angleterre. Son divorce et son remariage avec Anne Boleyn vont entrainer leur excommunication et la création de l’Eglise anglicane. L’atmosphère est admirablement bien rendue et la violence de certaines moeurs de l’époque traitée avec beaucoup de justesse mais le principale atout de la série réside en un nom : Jonathan Rhys-Meyer.

15. Weeds : Vous n’avez pas pu passer à côté de cette série qui fait les beaux jours de Showtime depuis 4 saisons. En 2005 en apprenant qu’une série sur le trafic d’herbe dans un quartier résidentiel allait être diffusé, je me suis dit: « Ça a le mérite de se laisser regarder au moins une fois cette affaire! ». Bien m’en a pris car j’ai eu devant les yeux une série réaliste sur les vrais problèmes de nos sociétés occidentales décadentes (drogue sous toutes ses formes et en toute occasion, niveau de vie, surendettement, banlieues standardisées…). Une virulente charge contre la politique internationale menée par le gouvernement Bush se dégage également (l’action militaire en Irak y est plusieurs fois dénoncée.) Weeds n’hésite pas à aborder une floppée de sujets dramatiques : la mort d’un père, la maladie, l’adultère … et le constat est cinglant : tout semble justifier le recours au psychotropes!  Avec sa saison 4 et son changement de décor, Weeds a passé un palier non-négligeable vers le changement tout en douceur mais avec un humour tout aussi corrosif. Sans doute la série américaine la plus irrévérencieuse, sordide et politiquement incorrect du moment, sans oublier l’excellente performance de Mary-Louise Parker en Desperate Housewives trash.

Bref 2008 fut une année riche et on attend déjà les surprises que nous réserve 2009. Si possible la disparition de Prison Break devenu imbuvable, de nouvelles (bonnes) intrigues pour Desperate Housewives et Ugly Betty qui commencent à sérieusement tourner en rond, un au revoir digne de ce nom pour la sympathique Dirty Sexy Money, des fins de saisons qui nous permettent de nous faire un réel avis sur les prometteuses Fringe, True Blood, 90210, Sons of Anarchy et The Mentalist, une agréable et réussie nouveauté avec The United States of Tara… Et puis surtout le renouvellement de Friday Night Lights, SURTOUT!!

Ce top n’est qu’une vue personnelle, que rien ne vous empêche de faire le vôtre en commentaires … See you next year!

| Publié par Marine
| 28 Décembre 2008 20:58

Les 100 chansons qui nous ont accompagné en 2008

On ne peut faire classement plus personnel que celui des chansons. Je vais donc parler ici clairement et exclusivement en mon nom, en espérant secrètement que vous partagerez certains de ces coups de cœur avec moi. Ces 100 chansons sont celles qui ont traversé 2008 avec moi et qui, à mon avis, traverseront de nombreuses années encore dans mon iPod (en plus de toutes celles des années précédentes dont il faudra bien que je vous parle un jour) et dans les oreilles de nombreux aficionados. Elles parlent d’amour ou de mort ; elles sont gaies, entrainantes ou alors mélancoliques et trainantes ; elles sont chantées ou instrumentales ; elles sont interprétées en groupe ou en solo ; elles vous rappellent de bons ou de mauvais souvenirs ; elles sont électro, rock, pop, folk, acoustique… Elles m’ont marquées et j’espère qu’elles vous marqueront.

Vous pourrez retrouver à la fin de l’article un player avec 20 de ces 100 meilleures chansons. Enjoy !

# 1 Skinny Love – Bon Iver (For Emma, Forever Ago)

# 2 Signs – Bloc Party (Intimacy)

# 3 Kids – MGMT (Oracular Spectacular)

# 4 Your Son – Go Go Charlton (Beaucoup Schlager)

# 5 Starlett Johansson – The Teenagers (Reality Check)

# 6 My Mistakes Were Made For You – The Last Shadow Puppets (The Age of the Understatement)

# 7 Lovers in Japan – Coldplay (Viva La Vida or Death & All His Friends)

# 8 Be Somebody – Kings of Leon (Only By The Night)

# 9 This Town – Sophie Delila (Hooked)

# 10 GfC – Albert Hammond Jr. (¿Cómo Te Llama?)

# 11 Gap – The Kooks (Konk)

# 12 Rich Girls – The Virgins (The Virgins)

# 13 See These Bones – Nada Surf (Lucky)

# 14 The Pirate’s Gospel – Alela Diane (The Pirate’s Gospel)

# 15 Just Kiss Her – Candy Clash (79)

# 16 Lead Balloon – Liam Finn (I’ll Be Lightning)

# 17 I Will Possess Your Heart – Death Cab For Cutie (Narrow Stairs)

# 18 I Live A Lot Of Places – Woodpigeon (Treasury Library Canada)

# 19 Private Lily – Moriarty (Gee Whiz! But This Is A Lonesome Town)

# 20 Beat Control – Tilly & The Wall (Beat Control)

# 21 Stay (Just A Little Bit More) – The Dø (A Mouthful)

# 22 Moving To New-York – The Wombats (A Guide To Love, Loss & Desperation)

# 23 Big Jumps – Emiliana Torrini (Me & Armini)

# 24 Get Out Of Your Car - Louis de Lights

# 25 Buzzin’ – Shwayze (Shwayze)

# 26 To Be Surprised – Sondre Lerche (Dan in Real Life)

# 27 Eternal Woman – dEUS (Vantage Point)

# 27 The Next Untouchable – Cajun Dance Party (The Colourful Life)

#28 Hometown Glory – Adele (19)

# 29 A-Punk – Vampire Weekend (Vampire Weekend)

# 30 Dance Dance Dance – Lykke Li (Youth Novels)

# 31 D.A.N.C.E (Justice Cover) - Get Cape. Wear Cape. Fly

# 32 The Ballad Of Loreley – 21 Love Hotel (Our Hearts Belong To The Storm)

# 33 Do The Panic – Phantom Planet (Raise The Dead)

# 34 Paranoia - Phoebe Killdeer & The Short Straws (Weather’s Coming)

# 35 Be A Star – Oh No! Oh My! (Dmitrij Dmitrij)

# 36 Come On Feet – Pete & The Pirates (Wait Stop Begin)

# 37 Cassius – Foals (Antidotes)

# 38 Los Angeles – Julien Doré (Ersatz)

# 39 Oh Yeah! – Housse de Racket (Forty Love)

# 40 Electric Feel – MGMT (Oracular Spectacular)

# 41 In My Arms – Darko Fitzgerald (Birth)

# 42 Vampire – Antsy Pants (Juno)

# 43 Now – Mates of State (Re-Arrange Us)

# 44 Folkie Song #2 – Rosie & Me

# 45 The Wise’s Daughter – Go Go Charlton (Beaucoup Schlager)

# 46 Could You Be Trusted – Hugh Coltman (Stories From The Safe House)

# 47 Sex On Fire – Kings Of Leon (Only By The Night)

# 48 No Ceiling - Eddie Vedder (Into The Wild)

# 49 Homecoming – The Teenagers (Reality Check)

# 50 We Will – Candy Clash (79)

# 51 The Begining of the Twist – The Futureheads (This is not the World)

# 52 From Grace – Thomas Dybdahl (That Great October Sound)

# 53  He’s Coming - Louis de Lights

# 54 Graveyard Girl – M83 (Saturdays=Youth)

# 55 Listen To Your Body Tonight - Black Kids (Partie Traumatic)

# 56 Raise The Dead – Phantom Planet (Raise The Dead)

# 57 Victor - Maison Neuve (Victor, Victor)

# 58 Better To Be – Liam Finn (I’ll Be Lightning)

# 59 Timebomb – Coming Soon (New Grids)

# 60 21st Century Life – Sam Sparro (Sam Sparro)

# 61 Hooked – Sophie Delila (Hooked)

# 62 Weightless – Nada Surf (Lucky)

# 63 Loose Lips – Kimya Dawson (Juno)

# 64 Long Division – Death Cab For Cutie (Narrow Stairs)

# 65 Jonathan Ashworth Rollercoaster – Woodpigeon (Songbook)

# 66 Moving Ground – Mezzanine Owls (Slingshot Echoes)

# 67 Shut Up & Let Me Go – The Ting Tings (We Started Nothing)

# 68 Falling Down – Oasis (Dig Out Your Soul)

# 69 Tammie - The Dø (A Mouthful)

# 70 Stagger Lee - 21 Love Hotel (Our Hearts Belong To The Storm)

# 71 Acrylic – The Courteeners (St. Jude)

# 72 79 - Candy Clash (79)

# 73 Brooklyn’s On Fire – Nicole Atkins (Neptune City)

# 74 Berlin – Go Go Charlton (Beaucoup Schlager)

# 75 Looking for a Man – Phoebe Killdeer & The Short Straws (Weather’s Coming)

# 76 Feeling Better - The Teenagers (Reality Check)

# 77 Clandestine – Brooklyn (Clandestine)

# 78 Closer – Kings Of Leon (Only By The Night)

# 79 Summer Storm – Girls In Hawaii (Plan Your Escape)

# 80 Bully – Fortune (Fortune)

# 81 Music Moves My Feet – Liam Finn (I’ll Be Ligntning)

# 82 Let My Love Open The Door - Sondre Lerche (Dan In Real Life)

# 83 Fools – The Dodos (Visiter)

# 84 When I’m Through With You – The VLA

# 85 Something Is Not Right With Me - Cold War Kids (Loyalty To Loyalty)

# 86 Frozen Lake – The Delano Orchestra (A Little Girl, A Little Boy & All The Snails They Have Drawn)

# 87 Anna Girl in the Clockwater - Woodpigeon (Songbook)

# 88 Come Flash All Your Ladies – The Filthy Youth

# 89 I Sold My Hands For Food So Please Feed Me – Get Well Soon (Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon)

# 90 White Winter Hymnal – Fleet Foxes (Fleet Foxes)

# 91 Machine – GOS (You’re Better Than Us)

# 92 Good Time – Brazilian Girls (New York City)

# 93 Where O Where A – François Virot (Yes Or No)

# 94 Californian Wine – Hey Hey My My (A True Story)

# 95 Man in a Crowd - Moonjellies (Jellies Making Friends Under A Cloudless Sea)

# 96 My Watermelon – What About Penguins

# 97 Ocean – Margot & The Nuclear So & So’s (Animal!)

# 98 Paris - Friendly Fires (Friendly Fires)

# 99 Heartbeat - Late Of The Pier (Fantasy Black Chanel)

# 100 Happy – N.E.R.D (Seeing Sounds)

| Publié par Marine
| 14 Janvier 2008 18:15

Nos 30 meilleurs albums de 2008

Il est peut-être plus difficile en musique que dans n’importe quel autre domaine de réaliser un top. On ne peut pas avoir écouté tous les albums parus, on se cantonne souvent à son genre de prédilection (il ne me viendrait pas à l’esprit d’écouter et encore moins de critiquer du rap … chacun ses goûts), quel critères de sélection choisir? Pourquoi mettre ceux-ci devant celui-là? On laisse souvent parler son ressenti, les frissons plutôt que le CV. C’est pourquoi vous ne retrouverez pas ici certaines valeurs sûres (Oasis par exemple) parce qu’elles n’ont pas réussi (cette fois) ) à me cueillir, à m’émouvoir. Ne dit-on pas que la musique est un cri qui vient de l’intérieur? A contrario, vous découvrirez ici des gens de grand talent dont vous n’avez peut-être (encore) jamais entendu parler. Ecoutez, découvrez et peut-être que vous aimerez.

1. MGMT « Oracular Spectacular »

Don’t Believe The Hype, qu’ils disent. Ok, on fait de notre mieux d’habitude. Mais difficile de nier la qualité des dix titres de ce premier album du duo New-Yorkais. Chouchous des rédactrices de mode et des critiques de tous poils, MGMT n’en reste pas moins un duo talentueux, qu’il s’agisse de faire danser les filles (« Electric Feel », qui dit mieux ?) ou de provoquer un brin de nostalgie (les textes de « Kids » et « Pieces Of What » sont des merveilles du genre et que dire de la mélodie de « Weekend Wars »?). Alors non, Oracular Spectacular n’est pas qu’un album concept de type revival hippie. C’est aussi un disque pop j’m'enfoutiste, qui aligne les tubes et les références, entre groove, funk et electro, sur fond de kitsch absolu. Et puis surtout, ils pondent « Time To Pretend », qui, quinze ans plus tôt, serait devenu un tube ultime pour toute une génération, à la manière de Smells Like Teen Spirit. Une vraie brocante vous dis-je! On y trouve de tout. Et surtout des gros bouts d’années 70 : du glam rock, des plans disco façon Bee Gees sous amphétamines, du psychédélisme en veux-tu en voilà, du folk rock… et tout ça, sans la moindre sensation de redite. Il s’agit avant tout de dix titres parmi les plus aboutis, ambitieux et émouvants de l’année. Alors oui, ils ont été l’année musicale à eux deux, et dès le début de l’année! Les classements de fin d’année de nombreux magazines ou webzines le prouvent. Et donc ? Ben rien. Ils ont bien raison d’élire un groupe dont les initiales signifient Make Good Music Today.
Rien de moins.

2. Nada Surf « Lucky »

Il était une fois petite Marine, environ à la moitié de son âge actuel, qui dégotte The Proximity Effect dans la discothèque de son cher oncle… coup de coeur, coup de foudre et quelques années plus tard Nada Surf est toujours pour moi cette madeleine qui me rappelle comment j’ai découvert et appris à aimer la musique. Nada Surf est l’archétype du groupe sympa. Le groupe attachant par excellence. Pratiquement un cas d’école. Matthew Caws et sa bande (francophiles pour ne rien gâcher) sont comme des amis qu’on perdrait de vue entre chaque album et qu’ont retrouverait sans que l’on ne décèle le moindre changement. C’est d’ailleurs ce qui fait que ce trio soit si attachant, on sait que l’on ne sera pas déçu par sa musique et qu’on se sentira toujours chez soi quand on entre dans leurs nouvelles compositions. C’est donc à nouveau un florilège de mélodies simples et efficaces que nous offrent nos trois compères, mais c’est surtout la charge émotionnelle contenue dans ces quelques notes jointes les unes aux autres qui fait tout leur talent. Car l’émotion est le cœur des compositions de Nada Surf. Ceux qui attendent imperturbablement depuis 10 ans la venue d’un « Popular » bis (hymne grunge des années 90 par excellence) se mettent le doigt dans l’oeil, le groupe semble définitivement passé dans ce qui leur colle le mieux à la peau : les ballades simples et mélodieuses (avec la participation de Ben Gibbard, leader de Death Cab For Cutie sur « See These Bones », ce qui ne gâche rien) et quelques morceaux rageurs et politiques où s’expriment toujours leur fougue passée (« The Fox »). Nada Surf ne change pas, ou si peu, mais ce sera toujours un plaisir de redécouvrir à l’infini le pourquoi d’un coup de foudre vieux de 10 ans.

3. Death Cab For Cutie « Narrow Stairs »

Ce n’est pas un hasard si Death Cab For Cutie (autre groupe cher à mon coeur) et Nada Surf se suivent dans ce classement. Leur musique est pour moi ce qui se fait de mieux, et d’ailleurs les deux groupes collaborent régulièrement, pour faire ce qu’il y a de meilleurs sur leurs albums respectifs. On avait l’habitude de se laisser bercer par les balades douces-amères de Death Cab For Cutie, et il est vrai que « Bixby Canyon Bridge » semble emprunter le même chemin. Erreur. Une fois les premières secondes de mise en bouche écoulées, les guitares se lâchent et martèlent des riffs hâchés plutôt surprenants chez ces calmes au grand coeur. Plus rock, plus lourd, mais non moins inspiré, le son de Narrow Stairs fait basculer l’album vers une facette du groupe que l’on ne lui connaissait pas. La bande à Gibbard vient de signer son album le plus abouti et le plus réussi. Il est donc désormais urgent d’en profiter sans aucune retenue, et le plus tôt sera le mieux.

4. The Dø « A Mouthful »

Et si le groupe le plus intéressant et le plus innovant du moment était le fruit de la rencontre d’un musicien de jazz, compositeur de bande-originale pour le cinéma français et d’une chanteuse franco-finlandaise ayant baigné dans le rock et l’electro ? De cette rencontre artistique quasi improbable est né The Dø, duo atypique et profondément novateur. Si le mélange des genres peu souvent se révéler insipide voir grotesque, Dan et Olivia (d’où The D-O) a su en faire une source d’inspiration intarissable dont les mélodies ne ressemblent qu’à eux. Ne s’enfermant dans aucun carcan musical, The Dø fait la part belle à la créativité et aux mélanges les plus improbables. De la même façon, on y  retrouve même ce passé cinématographique qui plane au-dessus de chaque morceau. L’album ne s’enferme pas dans une impasse folk-rock, mais avale tout sur son passage : du hip-hop (« Queen Dot Kong ») à la pop romantique (« Stay (Just a Little Bit More) ») en passant par le folklore minimaliste (« Unissassi Laulelet ») et le blues survolté (« Tammie »). Le tout à la manière de petits enfants hyperactifs et boulimiques de sons, farouchement doués dont la dimension prend toute son ampleur sur scène.

5. The Last Shadow Puppets « The Age of the Understatement »

The Age of the Understatement, premier album et coup de maître pour le duo Alex Turner (transfuge des Arctic Monkeys) et Miles Kane (leader de The Rascals). On pensait à un album récréatif fait par deux potes pour passer le temps, on est resté scotché à leurs mélodies sorties d’un autre époque : mélopées pop aux arrangements grandioses multi-instrumentalistes (« My Mistakes Wer Made For You »), voix de crooner pour ballades mélancoliques (« The Chamber »), un côté rétro-pop allié à des épopées épiques dignes des meilleures bandes-originales (« In The Heat Of The Morning », « Only The Truth », « The Age Of The Understatement »…) Des chevauchées cinématographiques dans le grand froid soviétique (le morceau titre The Age of the Understatement), un western spaghetti épique (Only the Truth), et de formidables odes à la pop romantique des années 60 (Meeting Place, Standing Next To Me) c’est surtout l’ombre d’Ennio Morricone qui plane au dessus des morceaux en format cinémascope.

6. Bloc Party « Intimacy »

Il faudrait être sourd pour ne pas comprendre que Bloc Party est en train de devenir un grand groupe, de ceux qui comptent vraiment et qui peuvent faire avancer la musique. Avec ce 3ème album Kele Okereke et ses compères viennent confirmer leurs penchants électroniques en poussant beaucoup plus loin l’expérimentation. Intimacy va en rebuter et en surprendre plus d’un, ceux qui était resté au single « Banquet » et au nouveau groupe britpop de l’année 2005. Bloc Party prouve cette année sa volonté d’aller de l’avant sans faire de compromis, quitte à perdre une partie de son public en route. Le talent est là, l’ambition aussi. Ils ont la démarche, la voix et les chansons, ils sont déjà comparé à Radiohead et pourrait un jour, sans crier gare, nous sortir leur Kid A (sur internet bien sûr)

7. Bon Iver « For Emma, Forever Ago »

Après s’être séparé de son groupe et sa copine, Justin Vernon (la seule personne derrière la composition et l’écriture de For Emma, Forever Ago. Le pseudo Bon Iver vient d’ailleurs du français bon hiver) s’est réfugié dans une cabane en bois au fin fond des forêts du Wisconsin pendant trois mois pour accoucher de cet album. Selon ses dires quand l’inspiration lui venait il lâchait sa hache pour saisir sa guitare. Excellent projet folk mélancolique et doux mené avec inventivité et profondeur; il nous livre sans aucun doute la plus belle chanson de l’année avec « Skinny Love ». Il faut pourtant avouer qu’on est aussi parfois à deux doigts de l’ennui comme dans les vrais classiques littéraires, cinématographiques ou musicaux mais que ça n’en est pas rédhibitoire mais que ça nous lance dans une introspection bienvenue. Cet album est une expérience sensible splendide, probablement le plus humain de cette année. Un disque parfait pour rentrer dans l’hiver. Ou en sortir.

8. Kings Of Leon « Only By The Night »

Kings Of Leon c’est avant tout une histoire de famille, formé en l’an 2000 autour des frères Caleb Followill (guitare), Nathan Followill (batterie), Jared Followill (basse) et de leur cousin Matthew Followill (guitare), le groupe avait sorti son premier album Youth & Young Manhood en 2003. Sa renommée avait grandi avec les parutions de Aha Shake Heartbreak (2004) et Because of the Times (2007). Un blues furieux ou un rock poussiéreux, les premières chansons de Kings of Leon sont hantés par la culture de la musique sudiste. Ces jolis texans ont beau avoir l’œil d’azur limpide, on ne peut en dire autant de leurs intentions sur Only By The Night, pas très claires, poisseuses et sexuelles à souhait. Emmené par la voix pénétrante de son frontman, enveloppé par la reverb des guitares et de la batterie, le groupe distille des hymnes rock taillés pour les stades (« Use Somebody », « Manhattan », « Sex on Fire », « Crawl »), des ballades somptueuses (« Revelry », « Notion », « 17, Closer ») et des titres aériens (« Cold Desert« , « Be Somebody« ). Plus posé, mélodique et inspiré, Kings of Leon prend ici une nouvelle dimension.

9. Emiliana Torrini « Me & Armini »

La chanteuse islandaise (comme son nom ne l’indique pas) est longtemps resté dans l’ombre de sa star internationale de compatriote, j’ai nommé Björk, malgré des registres complètement différents et la publication d’un très bel album acoustique, Fisherman’s Woman en 2005. Elle revient cette année avec une musique plus variée, plus ouverte, aux accents pop, folk, électro parfois et même un peu reggae. C’est cette diversité qui fait toute la richesse de Me & Armini, on n’a jamais l’impression d’écouter la même artiste sur un même disque. On ira pas jusqu’à parler de génie mais on se plaît à revenir écouter la voix douce ou volontaire, c’est selon, d’Emiliana Torrini.

10. Fleet Foxes « Fleet Foxes »

Ce groupe de Seattle nous a offert cette année un album encensé par les critiques du monde entier. Pourtant aux premières écoutes j’ai eu du mal à rentrer dedans, leur musique semblait directement sortie des 70’s sans réelle originalité. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et puis un soir, les yeux embrumés, j’ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Puis je me suis surprise à apprécier de plus en plus la musique de ces jeunes barbus illuminés. De la pop americana qui transcendent le passé pour mieux coller au présent, avec du Beach Boys, du Neil Young voire même du Simon & Garfunkel dedans. Du folk pastoral, de la pop un peu baroque mais sacrément harmonieuse et surtout, plus on se dirige vers la fin de l’album, plus les morceaux, sont beaux, habités et lumineux. Les Fleet Foxes sont divins.

11. Eddie Vedder « Into The Wild »

D’entrée de jeu, les spectateurs s’étant lancé dans l’aventure Into The Wild, dernier film de Sean Penn, reconnaissent le timbre de voix particulier d’Eddie Vedder, leader de Pearl Jam, et ami du réalisateur, à la fois rauque et doux. Film sur la nature et l’individu, le sujet inspire le chanteur. L’évasion, l’exil, la rage d’un jeune adulte, la fougue, la critique de la société, des paysages magnifiques … Il y avait là pour Eddie Vedder une vraie mine d’or en termes de sujets à traiter, lui qui fut un des premiers artistes à s’opposer à la guerre en Irak … avec Sean Penn. Et il s’en est donné à coeur joie, se sentant auditivement très concerné par les interrogations de Christopher McCandless, brillament interprété par Emile Hirsch, le personnage du film, les chansons ayant pour but de faciliter la narration de son épopée. Loin de la rage de son groupe, il tricote des petites ritournelles simples, exaltées et délicieusement contemplatives semblant accompagner idéalement le film de Penn, balade dans la nature sauvage. Son disque, comme le film, poursuit une idée de liberté, proche de Kerouac. Cet album dépayse de manière étonnante : on voyage et on se prend à rêvasser à d’improbables expéditions. Une demi heure de musique réconfortante, presque poétique.

12. Woodpigeon « Songbook »

Cette bande de huit canadiens de Calgary, est championne du monde des titres à rallonge, des chansons aux titres infinis mais aux mélodies si pures. Home As A Romanticized Concept Where Everyone Loves You Always And Forever ouvre le bal avec son atmosphère délicate et subtile. Une touche de Sufjan Stevens, une pincée de Beirut et une cuillerée de Belle & Sebastian. Sans jamais tomber dans la mélancolie la plus totale, Woodpigeon oscille entre ferveur folk et paroles désabusées comme sur A Sad Country Ballad For A Tired Superhero. Il n’en reste pas moins que cette chanson et ses petites sœurs ont quelque chose de réconfortant, de serein. Alors vous qui vous demandez, le soir en rentrant dans les froids de l’hiver ou au petit matin avant de remettre le museau dehors, toujours un peu dubitatifs, comment on va bien pouvoir faire pour avancer encore un peu et avec qui on partagera la route, cet album est pour vous. Un assemblage intelligent et complet jusqu’à la fin.

13. Sondre Lerche « Dan in Real Life »

La bande-originale de Dan In Real Life est peut-être une des bandes originales les plus réussies de l’année tout simplement parce que ce n’en est pas une. En effet, on est ici plutôt face à un réel album du songwriter norvégien Sondre Lerche (à prononcer comme bon vous semble), petit prodige pop-folk qui a déjà (à 25 ans) sorti 4 (très bons)albums . Le réalisateur du film, Peter Hedges, déjà admirateur de son travail, lui a demandé de mettre en relief les tribulations de Dan Burns (Steve Carrell), qui, à l’occasion d’une réunion de famille, s’amourache de Marie (Juliette Binoche), la nouvelle copine de son frère cadet (Dane Cook). Les compositions de ce jeune homme au physique Daniel Craigien regorge d’une émotivité non loin de Belle & Sebastian et Nick Drake qui mettent particulièrement bine en valeur ces tribulations amoureuses avec une musique légère, fraîche et pop.

14. Alela Diane « The Pirate’s Gospel »

The Pirate’s Gospel n’est pas plus l’album de 2008, que de 2007 (l’année de réelle sortie) ou même de 2004 (l’année de sa première sortie). Non, The Pirate’s Gospel est un album intemporel, perdu quelque part dans les plaines désertes d’une Amérique profonde. Une voix gorgée d’âme, une guitare antique et… c’est tout. Alela Diane n’a pas besoin d’en rajouter. The Pirate’s Gospel est une sorte de miracle à la croisée des chemins de la folk music, de la soul, du blues et du gospel. Dès la première écoute, les mélodies intemporelles, la voix aussi désarmante que sidérante – elle semble provenir des cordes vocales d’une vieille femme noire ayant déjà vécu plusieurs vies –, et la vieille guitare (ou le banjo) font très forte impression. A partir de cet instant, on ressent une envie quasi irrésistible d’écouter les morceaux d’Alela Diane en boucle, à n’importe quelle occasion de la journée. Une petite déprime passagère ? un heureux événement ? une légère mélancolie ? un bon moment partagé entre amis ? Un bouclage stressant dans une rédaction parisienne? Cette musique là agit comme un baume régénérant sur le vagues à l’âme et amplifie encore plus les instants joyeux.

15. The Dodos « Visiter »

Derrière cette pochette toute simple dessinée par les enfants d’une école primaire, à qui The Dodos ont fait la primeur de leurs morceaux, jaillit instantanément une pop étincelante mariée à un folk psychédélique qui se concrétise sur 13 morceaux où les instruments de toutes sortes (guitares folk, percussions tribales, instruments jouets, baguettes en bois…) et les voix dansent la valse dans un cabane au fond des bois canadiens. Porté par des harmonies vocales splendides et des arrangements incontrôlables, Visiter inspire le respect et l’admiration de bout en bout. Au final, un album simple, brut, frais, direct, lo-fi à souhait et, vous l’aurez compris, totalement indispensable !

16. The Kooks « Konk »

Il y a deux ans, les Kooks débarquaient et laissaient un vent de fraîcheur derrière eux, notamment avec des titres immuables comme « Ooh La » et « Naïve ». Ne restait plus à Luke Pritchard et sa bande que passer la dure épreuve du deuxième album. Et là où l’on aurait pu craindre un sinistre revirement technique, une production bodybuildée à l’américaine, Konk apparaît au final sympathique et léger, printanier à souhait, classique mais diablement efficace. Cet enième groupe en « The » n’a certainement pas l’ambition de révolutionner l’histoire du rock mais simplement de se faire plaisir avec une pop ensoleillée, printanière et si j’ose dire traditionelle. La tradition à défaut de l’innovation donc, et bien ça fait parfois du bien!

17. The Kills « Midnight Boom »

Sur ce troisième album du duo New-Yorkais, Allison « VV » Mosshart et Jamie Hince nous propose des morceaux chaotiques, brûlés, heurtés. Voici venue l’heure du rock indomptable, incorruptible et bien crade. Tout dans ce disque sent l’urgence et c’est pourtant le seul qui n’a pas eu à subir le stress d’un enregistrement en temps record. On a pu reprocher au Kills un son monolithique, qu’à cela ne tienne Midnight Boom est intense, fiévreux, nerveux mais aussi (et c’est plutôt nouveau), dansant, enivrant, excitant et jouissif, comme a pu l’être le good old rock (écoutez absolument « Hook & Line »). Un album dont la fureur et les riffs ravageurs lui feront traverser les décennies sans prendre de rides.

18. Girls in Hawaii « Plan Your Escape »

Qu’il est dur de sortir un deuxième album lorsqu’on réalise un disque quasi parfait dès son 1er essai. Certains groupes enchaînent, tête baissée, se laissant porter par le courant de cette vague créatrice avant qu’elle ne retombe. D’autres prennent leur temps. Indéfiniment. Et se faire attendre c’est aussi se faire désirer. Excellente synthèse des musiques pop propres aux années 60, 70, 80 et 90, qualité sonore hors du commun, richesse de composition, quantité de mélodies accrocheuses… Plan Your Escape est tout à fait le genre d’album qu’on pourrait écouter dans quinze ans, histoire de se faire plaisir. Une échappée belle qui installe définitivement Girls in Hawaii parmi les meilleurs représentants du rock Belge.

19. Herman Düne « Next Year in Zion »

J’entends dire ici et là que ce Herman Düne ne serait pas si bon que ça, que ce serait une déception… et bien permettez-moi de dire que Herman Düne, avec ou sans André (le frère parti jouer ailleurs), ça reste un sacré groupe et que je tiens ce Next Year In Zion comme un des meilleurs albums du groupe entendus à ce jour… sachant qu’ils sont tous bons. Des chansons belles à pleurer (« My home is nowhere without you »), des refrains et des mélodies entêtantes, à chanter en famille ou dans la voiture, des petits solos de guitare comme dans le temps, des histoires rigolotes et pleines de naïveté. On ne criera pas forcément non plus au génie, mais on appréciera d’abord la simplicité, le côté direct de ces folk-songs faciles à écouter.

20. Phantom Planet « Raise the Dead »

Si vous connaissez Phantom Planet, c’est sans aucun doute grâce à « California », générique d’un teenage show bien connu. Moi, j’avais adoré leurs albums The Guest et Phantom Planet. Au mois de mars je tombe sous le charme d’A Bord du Darjeeling Limited et revoir Jason Schwartzmann me donne l’envie de savoir où en est Phantom Planet, groupe qu’il a jadis fondé, puis quitté. Ni une, ni deux, mon disquaire favori me fournit Raise The Dead, dernier album en date du combo de rock alternatif californien. Phantom Planet, fier de son héritage harmonique, se construit avec ce quatrième album une digne réputation de faiseurs de refrains parfaitement calibrés (pour ne citer qu’eux « Raise the Dead » ou « Do The Panic ».)

21. Greg Laswell « Three Flights From Alto Nido »

Quand on est un jeune auteur compositeur américain spécialisé dans la pop folk, on rencontre pire situation que d’être présenté au public français par Tom McRae, comme ce fut le cas pour Greg Laswell. C’est un auteur talentueux qui mérite la reconnaissance du public francophone, comme le démontre brillamment son dernier album, Three Flights From Alto Nido. Cédant facilement à la déprime, Laswell est en effet du genre à produire des compositions déchirantes d’une beauté désarmante, comme « And Then You » ou « Days Go On », aux mélodies jolies et aux arrangements soignés. Il va jusqu’à reprendre le tubesque « Girls Just Wanna Have Fun » de Cindi Lauper dans une version beaucoup, beaucoup, beaucoup plus calme… Pour un peu, on aurait presque du mal à reconnaître la chanson. En espérant que bientôt c’est lui qu’on reconnaitra.

22. Of Montreal « Skeletal Lamping »

Dès « Nonpareil of Favor« , les détours sont clairement exposés. Ce sera flamboyant, puissant, déconcertant, pop et baroque. Il y a en effet sur un seul morceau plus de variations que sur bien des albums (voire des discographies entières). Certains seront peut-être déjà perdus à ce moment-là, les autres seront prêts pour le voyage. Au programme, disco, funk, intonation 60s, couleurs criardes et mauvais goût assumé. Comme un psychotrope puissant, Skeletal Lamping plonge dans une épaisse confusion celui qui l’écoute attentivement. Quinze chansons aux titres énigmatiques, qui ne suivent pas le schéma conventionnel du couplet-refrain, constituent un pot-pourri d’émotions et d’impressions d’un univers coloré et démesuré. Of Montreal (même pas originaire du Canada) cultive un goût prononcé pour le psychédélisme, à l’instar de MGMT, parsemé de pics de folie discos dignes des Scissor Sisters au-dessus desquels plane l’ombre de Queen en forme d’harmonies vocales exaltées et burlesques.

23. Kimya Dawson & Co « Juno »

Qui dit film américain indépendant sur la jeunesse, dit bande originale puisant dans la pop indé et l’anti-folk (voir Garden State). Un jour, au beau milieu d’une réunion de préparation de tournage, le réalisateur Jason Reitman demanda à son actrice, Ellen Page, ce qu’écoutait Juno, jeune héroïne du film éponyme. L’interprète, aujourd’hui en bonne voie de devenir très bankable, lui répondit tout de go les Moldy Peaches, voilà ce qu’écoute Juno. Aussitôt dit, aussitôt fait, Reitman contacta la ponte de l’anti-folk, la maîtresse ès douces bizarreries sonores, j’ai nommé Kimya Dawson, et il lui offrit un écrin de rêve pour rappeler à l’Amérique et au monde que l’anti-folk, ça se prend pas aux sérieux, mais ca vous rend tout heureux. Et c’est ainsi que Kimya Dawson va s’impliquer à fond dans la création de ce qui est assurément une des meilleures BO entendues depuis des lustres…En la matière, Juno, a plutôt bon goût et écoute aussi Cat Power, Belle & Sebastian et Sonic Youth. Mais la vraie pépite du disque est française : Leo Bear Creek, 14 ans, est le batteur-chanteur du groupe Antsy Pants. Son titre au ukulélé, « Vampire », a propulsé la BO de Juno au sommet des charts américains. Non, Juno n’a pas à rougir de sa B.O.

24. Kaiser Chiefs « Off With Their Heads »

Après avoir conquis le Royaume-Uni en 2005 avec un genre que l’on croyait mort et enterré, la Britpop, (Employment) puis le reste du monde avec un deuxième album sorti très peu de temps après (Yours Truly, Angry Mob), les Kaiser Chiefs se sont imposés en un temps record comme les porte-drapeau de la nouvelle génération britannique, avec des hymnes taillés pour les stades. Une question se pose toujours autour d’eux : révélation ou supercherie ? Revival ou pompage en règle ? Quoi que l’on puisse en dire, ils sont sans aucun doute l’un des meilleurs entertainers du moment (voir concert énorme à Rock En Seine cet été), avec leurs tubes qui sentent bons l’Angleterre des lads et ses soirées arrosées au pub. Alors voilà, les Kaiser Chiefs ne seront certainement jamais les nouveaux Radiohead, on lorgnerait plutôt du côté d’un Blur inspiré mais Off With Their Heads reste un poil en-dessous de ses prédécesseurs, ce qui en fait quand même un très bon disque.

25. Get Well Soon « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon »

Rarement cette année on aura eu l’occasion de s’émerveiller à l’unisson devant un album pop aussi soigné que ce Rest Now, Weary Head You Will Get Well Soon. Plus surprenant, ce premier album est l’oeuvre d’un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, jeune et timide allemand de 25 ans à peine. Un disque d’une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (pop, rock, mâtiné de musiques de l’est, passant de Beirut à Radiohead), que des arrangements et des mélodies mélancoliques à souhait. Bande originale d’un film imaginaire, valse enivrante aux accents slaves, Get Well Soon nous livre un des grands disques, inspirés, de 2008.

26. Coldplay « Viva La Vida Or Death And All His Friends »

Il serait tellement simple de faire comme tout bon critique musical qui se respecte, détester Coldplay et jeter leur musique à la poubelle comme si elle n’était que la basse œuvre de vulgaire plagiaires. Oui mais voilà, Chris Martin et sa bande plagie avec talent et remettent au goût du jour et en valeur des sons immuables. Viva La Vida or Death and All His Friends reste un album de pop, mais produit par Brian Eno le groupe s’est fendu d’un album profond (« Lost!« ), romantique (« Lovers in Japan ») et follement accrocheur (« Violet Hill », « Viva La Vida ») et beaucoup plus instrumental (« Life in Technicolor ») . Ce n’est que de la pop disions-nous, mais de la très grande pop.

27. Cajun Dance Party « The Colourful Life »

Le pourquoi du comment de la formation de Cajun Dance Party prête à sourire. C’est en effet pour participer à un concours scolaire qu’ils enregistrent le parfait « The Next Untouchable ». Reconnus et engagés directement, ils mènent de front études et enregistrement de The Colourful Life gagnant ainsi leurs galons de groupe anglais le plus prometteur du moment (il y en a un par semaine). Même s’ils n’ont de cajun que le nom, les cinq membres du groupe savent reprendre les vieilles recettes avec un certain brio. Accent british, lignes de guitare agiles et inspirées, les londoniens savent composer des titres pop lumineux et enjoués, faciles d’accès alors que les arrangements demeurent riches et soignés. Un groupe de teenagers de plus? Certainement, mais reste que The Colourful Life arrive au bon moment, comme un disque qui annonce le début des beaux jours.

28. She & Him « Volume One »

Une fille, un garçon. L’actrice Zooey Deschanel (L’assassinat de Jesse James) en She et le talentueux M.Ward en Him. Et une collaboration unique pour un album country-folk arrangé au banjo et mâtinée de soul aux accents sixties.On s’imagine parfaitement écouter ce Volume One dans un cabriolet Chevrolet face à la mer dans la chaleur des derniers rayons de soleil d’une fin d’été. Quelque part entre Nancy Sinatra et Nina Simone, la voix marquée de Zooey Deschanel livre des moments de grâce comme sur « I Was Made For You » ou bien encore « I Thought I Saw Your Face Today ». Ce n’est que le Volume One mais on attend déjà avec impatience les suivants.

29. Kaki King « Dreaming Of Revenge »

Cette guitariste de génie qu’est Kaki King est bien trop peu connu en France. Présente sur l’extraordinaire bande originale d’Into The Wild en début d’année, son morceau a attisé ma curiosité et me voici avec Dreaming of Revenge dans les oreilles. Reine du « tapping », technique qui consiste à rythmer le morceau en frappant des deux mains sur la guitare, Kaki King y allie un chant mélancolique qui n’est pas sans rappeler les ballades folk d’une Laura Veirs.  Un album post-rock-jazz qui vieillira comme un bon vin.

30. Sigur Rós « Með suð í eyrum við spilum endalaust »

L’apparition d’une légèreté chez Sigur Rós m’a convaincu de leur évolution : fameux, planant, maîtrisé. Dès la première écoute de Með suð í eyrum við spilum endalaust, j’ai eu cette certitude qu’ils avaient composé en été, au grand soleil d’Islande qui ne se couche pas. Sigur Rós bien que produisant une musique de toute beauté, a toujours été un groupe plutôt difficile d’accès (il parle dans leur langue maternelle et cela quand il chante… qu’il faut prendre le temps d’appréhender. Ce nouvel opus, plus pop et j’irais même jusqu’à dire plus fun, ouvre considérablement les horizons du groupe. Loin de se vendre, Sigur Rós réalise ici le tour de force de rendre sa musique plus accessible sans renier ce qui fait sa complexité et son originalité.

| Publié par Marine
| 04 Janvier 2008 20:58

Les 30 révélations musicales de 2008

Pour faire suite à notre « petit » classement des meilleurs albums de l’année, voici celui des révélations 2008. Ils ont sortis leur premier album et nous on séduit, ou n’ont parfois pas sorti d’albums du tout mais de simple démos suffisent à nous faire dire qu’ils sont en passe de devenir des artistes qui comptent. Voici donc nos paris pour l’avenir, ou du moins pour 2009 … Espoirs du soir, bonsoir !

1. Moriarty « Gee Whiz But This Is A Lonesome Town »

Quel meilleur moyen pour attirer mon attention que de nommer son groupe en l’honneur de Dean Moriarty, héros d’On the Road de Jack Kerouac? Aucun, je vous le dis. Ecouter leur album, c’est comme se faufiler dans un grenier quand on a 6 ans : le bois du plancher grince, la poussière danse dans la lumière et on se lance à la chasse aux trésors. Tiens ? Un vieux tourne-disque. On prend un 33 tours, on lance l’antique machine et une voix à la couleur singulière jaillit : c’est celle de Rosemary Standley, puissante et douce, parfois comme échappée des années 20. On tombe alors sur un vieil album de voyage, plein de photos aux tons sépia. On y voit des paysages de poussière et d’herbe folle et on s’imagine un train qui file dans le Far West (c’est « Whiteman’s Ballad », ses violons très country-blues, sa guimbarde et son banjo) ou un saloon écrasé de chaleur (« Motel »). Et puis on repère dans un coin une vieille boîte à musique sur laquelle un petit couple d’automate prend la poussière. On remonte le mécanisme : une étrange valse lente commence (c’est « Animals Can’t Laugh »). C’est alors qu’on entreprend de déchiffrer un bout de journal : on y trouve le témoignage d’une fille de 19 ans un peu désoeuvrée qui s’enrôle dans l’armée parce qu’au moins, ça paiera ses études (« Private Lily »). On pourrait continuer comme ça longtemps tant cet album est une invitation au voyage et chaque chanson une carte postale d’un endroit visité et mis en musique. Moriarty entretient le mystère et la légende (sont-ils vraiment frères et soeurs?), conférant à sa musique l’intimité digne des grandes oeuvres du genre.

2. Liam Finn « I’ll Be Lightning »

Liam Finn est fils de. Comme nous tous. C’est évident, la pop coule dans ses veines, mais pas seulement parce qu’il est le fils du leader de feu les Crowded House. Derrière cette pochette qui ne paie pas de mine se cache une série de refrains imparables et ce néo-zélandais nous entraîne sans mal dans un univers coloré avec sa voix à la Elliott Smith et un sens de la mélodie d’une rare qualité. Il développe tout au long de ce disque inspiré un goût évident pour ce qui sonne beau, et émouvant. Liam Finn serait le nouveau membre d’une confrérie regroupant des gens tels que Joseph Arthur, Jeff Buckley, Elvis Perkins ou bien encore Josh Rouse, réunissant des garçons qui rendent la vie plus belle dès qu’ils ouvrent la bouche. Ces troubadours vers lesquels on se tourne quand l’horizon s’assombrit tout autour de nous. I’ll Be Lihghtning nous suggère-t-il sur la pochette, et il ne croit pas si bien dire car avec ce premier album une étoile est née. Brillant.

3. Go Go Charlton « Beaucoup Schlager »

« Quatuor élevé aux ambiances anglaises, Go Go Charlton sent le tabac qu’on partage, la bière renversée en trinquant et cette sueur un peu noble: celle dégagée par la chaleur humaine. Outre-Manche ce serait un pub-concert de Manchester, où jouerait pour le plaisir les Smiths et New Order. Ici, en France, ce serait Patrick Dewaere rigolant nonchalamment sur un terrain de foot. C’est surtout une histoire de musique, de potes qui se couchent tard et de concerts héroïques. » Plutôt pas mal comme autobiographie non ? Il est effectivement impossible de ne pas évoquer The Smiths pour la voix d’Olivier Lebreton et New Order pour la basse de Nicolas Cuinier. Mais Go Go Charlton est capable de bien plus que de singer leurs sources d’inspiration, ils sont capables de se transcender, que ce soir sur scène ou pour écrire ce qui sonne comme LE tube du disque, le titre qui les a propulsés sur le devant de la scène, « Your Son ». Le titre fait ainsi subtilement monter la pression avant d’exploser en mélodie où les guitares et les voix de Guillaume Léglise et Olivier Lebreton rentre en osmose. Imparable, mais aussi d’une classe folle, il a même eu l’extrême honneur d’être sélectionné par l’armée de terre pour illustrer un spot de promotion. Si le public peut, grâce à cela, se plonger dans Beaucoup Schlager il y découvrira un groupe rare, bourré de talent qui s’offre un coup de maître comme galop d’essai.

4. Sophie Delila « Hooked »

Je vous le donne en mille, rien qu’à voir la pochette de ce disque certains d’entre vous doivent déjà se demander,  » Ouh ! ça au moins c’est de la soul! » Et bien oui braves gens! Et pourtant (et heureusement) on ressent sur cet album une vraie volonté de se démarquer d’un genre qui souffre aujourd’hui d’une bien mauvaise image à cause de toute la Soul R’n’B formatée que les radios FM nationales imposent à nos pauvres oreilles à longueur de journée. La Grande Bretagne, nouveau berceau de la Soul ? On aurait tendance à le croire après l’ouragan Amy Winehouse, suivi de la vague Adèle puis du cyclone Duffy. C’est tout naturellement là-bas que Sophie Delila (française de surcroit) s’est installée pour perfectionner sa musique. Ici, l’orchestration répond effectivement bien plus aux codes de la pop et du rock sur lesquels vient se poser  la voix chaude et captivante de Sophie Delila qui atteint vraiment des  sommets. Bref, dans la forme, Hooked traite de thèmes archi abordés (sempiternelles chansons d’amour de rigueur…), mais presque tous les morceaux sont dotés d’un refrain imparable qui nous laisse admiratifs (« Can’t Keep Loving You », mais aussi « Hooked » et « This town » que l’on aurait bien vus sur la BO d’un Jackie Brown…). La voix claire et douce de Sophie Delila se pose à merveille sur des productions qui rappellent la période faste de la soul américaine mais avec une touche rock très british qui donne aux morceaux une couleur moderne. Finalement ce que l’on aime dans Hooked, c’est qu’au-delà de son évidente classe Sophie Delila fait, mine de rien, exploser avec ce disque les codes de la soul… C’est ce que l’on appelle avoir du talent. Les avis seront peut-être partagés, mais pour nous c’est un vrai coup de cœur d’autant plus après l’avoir vu sur la scène de la Flèche d’Or!

5. Oh No! Oh My! « Dmitrij Dmitrij »

On s’était promis de suivre les Texans d’Oh No ! Oh My ! à la trace après les avoir découvert sur leur premier album (Oh No! Oh My!) qui présentait une palette riche de sonorités et de rythmiques différentes. On passe ainsi de balades folk (que certains comparent aux Shins ou à Belle and Sebastian) à des titres électro… puis à l’habile mélange des deux. Ils reviennent avec un nouvel EP, Dmitrij Dmitrij, qui fait office de prélude à un album en préparation à sortir en 2009. Si le désormais quatuor (qui s’est offert les services d’un nouveau membre en la personne du claviériste Tim Regan) semble durcir le ton sur la plage d’ouverture (le tendu« Wham Bam Thank You Spaceman ») et, dans un moindre mesure sur « Be a Star », ce n’est que pour mieux retrouver leur inspiration mélancolique sur « Go To Work » et le sublime « I Painted Your House ». Quant à « The Boy With An Anchor », c’est à la pop luxuriante bercée d’arrangements de cuivres qu’il fait la part belle. Ces jeunes gens restent décidément absolument fréquentables.

6. The Teenagers « Reality Check »

The Teenagers, vous connaissez? Non?! Eh bien il serait peut-être temps de se réveiller car on va encore dire que la France a encore 6 mois de retard… A l’heure où sort le premier album de cet insolite trio Francilien, nos voisins Anglais et Américains ont déjà flairé le bon coup et attendaient déjà de pied ferme ce disque aussi drôle qu’inspiré et le groupe pour des tournées sur leurs terres. Précédés par un certain buzz c’est avec leurs compositions – et surtout leurs textes – que leur notoriété s’est rapidement développée. Ah ! Si tous les groupes pouvaient faire preuve d’autant d’audace et pratiquer le second degré avec un tel panache on ne s’ennuierait jamais ! Au lieu de s’efforcer à imiter leurs idoles anglo-saxonne, ils n’ont jamais chercher à cacher leurs origines, imposant un accent si exagérément français qu’il en devient un atout. Et voilà que l’on écoute les textes et que l’on en comprend le sens forcément beaucoup plus facilement… « Homecoming », un titre qui fait magnifiquement écho au « Popular » de Nada Surf sorti 12 ans plus tôt. Mais les Teenagers eux vont jusqu’au bout de leur pensée et nous gratifient de textes aussi crus qu’hilarants. « Homecoming » c’est… une belle histoire d’amour, dirons-nous ! Nous vous en laisserons le plaisir de la découverte… et d’enchaîner avec « Starlett Johansson »

7. Candy Clash « 79″

Non la new wave n’est pas morte, une batterie hypnotique, des guitares acides, une voix envoûtante … voici Candy Clash ! Si le nom de leur premier EP, 79, est plutôt lapidaire, il n’en est pas moins hyper représentatif de leur musique. 1979 c’est l’explosion du rock anxieux de Joy Division avec Unknown Pleasures, du groove des Gang of Four (Entertainment!), de la symphonie du Wall des Pink Floyd, des riffs nerveux des premiers Cure (Three Imaginary Boys). Bref, il y a quelque chose d’essentiellement 80’s dans la musique de Candy Clash : la voix caverneuse de Clément Froissard (qui possède d’ailleurs une ressemblance criante avec Ian Curtis), les riffs de guitares entêtants à la Sonic Youth de Max Zippel et une ligne de basse cotonneuse servie par son frère, Roger, que ne renierait pas les Cure. Oui, Candy Clash c’est tout ça, mais pas que… Le groupe va aussi voir du côté d’une certaine pop atmosphérique, lunaire, planante. Candy Clash donne une sensibilité originale à ses chansons lancées avec un accent français à couper au couteau. (so cute!)Après cet appétissant hors d’oeuvre de 5 titres (et quelques savoureux remixes), nous sommes plus que prêts à déguster le plat de résistance que sera sans aucun doute l’album.

8. SoKo « Not SoKute »

L’accent en trahison d’entrée, la comédienne et son anglais d’école délicieusement frenchy et aux fautes amusantes. SoKo c’est d’abord une voix douce et cassée, des émotions à fleurs de peau, accompagnées de musique folk minimaliste et de son ukulélé fétiche. C’est ensuite une écorchée vive qui raconte ses amours, ses joies et ses peines au gré de ses chansons. Une chanteuse qui régle ses comptes avec ces ex (« My Ex-Boyfriends ») et assume ces rêves érotiques (« My Wet Dreams ») au travers de ces envolées lyriques et vocales pas toujours maitrisées.  Et la raison initiale de notre engouement aveugle mais consentant, tient en une chanson, terriblement entêtante « I’ll Kill Her ». SoKo ce n’est pourtant qu’un seul EP de cinq chansons, mais une cinquantaine d’autres trainant sur la toile en attendant la sortie d’un double album promis (juré, craché) pour 2009.

9. The Virgins « The Virgins »

Bon disons le tout net, si The Virgins apparait si haut dans ce classement c’est dû plus à leur EP ‘07 qu’ à cet album. En effet, j’ai été victime d’un gros coup de foudre pour cette formation New-Yorkaise comparé par tous aux Strokes. Par tous ? Non, sur le vieux continent une jeune Marine résiste encore et toujours aux comparaisons faciles. Nerveux, pressés, enjoués, doués … The Virgins le sont et surtout sur l’EP ai-je envie de dire. « Rich Girls » vous donne le sourire et le besoin d’entendre sa petite intro et sa ligne de basse à tout moment de la journée (allant jusqu’à la mettre en sonnerie de portable?). Maaaaaais … (ben oui y’a ,toujours un « mais » quelque part) alors que j’attendais de voir si l’enthousisme dont ils faisaient alors preuve allait me mettre KO (maintenant qu’ils avaient enfin dégottés une maison de disque) sur ce très attendu album, je me suis pris une petite claque dans la tronche. Sur The Virgins leurs chansons respire toujours autant le rock urgent, plaisant et réussi mais la production est un désastre : des arrangements  électro pour un rock de midinettes … Où est passé mon « Rich Girls » brut ? Bref vous l’aurez compris, on est beaucoup plus exigeants avec les artistes que l’on aime et à en croire par ce classement j’aime quand même beaucoup The Virgins!

10. Vampire Weekend « Vampire Weekend »

Ah ! Qu’il est difficile d’être un groupe entraîné par la spirale infernale de la Hype et son effet à double tranchant : d’un côté tout le monde veut les voir et les écouter, de l’autre on les évite et on se demande surtout combien de temps durera cette nouvelle mode. Etudiants en musicologie a la fac de Columbia, c’est à la fin de leurs études que les quatres compères de Vampire Weekend décident d’enregistrer leur premier opus. Ces Nes New-Yorkais ont brassé pas mal de courants différents, d’influences pour aboutir à une pop très métissée, entre léger punk, rythmes africains et ska. Ils ont appelé ça du « Upper West Side Soweto ». Monté en puissance via les blogs, Vampire Weekend se joue des codes et des genres pour produire un rock sensible, aux sonorités rayonnantes.

11. Benjamin Siksou

Avec son style anticonformiste, dandy mais pas branchouille et intello décadent, Benjamin Siksou est celui qui a tout gagné en perdant la Nouvelle Star édition 2008. Ce jeune homme d’à peine 21 ans à baigné dans la musique depuis son plus jeune âge grâce à son père, rédacteur en chef de Jazz Magazine et le moins que l’on puisse dire c’est que ça lui a donné des sacrés références au garçon : Ella Fitzgerald, Bill Withers, Donny Hattaway, Billie Holiday … Sur la scène du pavillon Baltard il nous a saisi avec des reprises parfois plus réussies que les chansons originales les remettant à sa sauce jazzy (« New Soul », « D.A.N.C.E », « Hey Ya »). Mais c’est aussi son timbre de voix granuleux et rauque qui vous prend aux tripes et vous bouleverse sur des reprises de Bashung ou Buckley. Bref ce Dr Jekyll et Mr Hyde de la scène, où il devient une bête surmontant son caractère introverti, a perdu, n’en parlont plus. Mais impossible de l’oublier et ce serait un comble puiqu’il sortira son 1er album en septembre prochain et les quelques compos dont nous avons connaissances nous font trépigner d’impatience. Album qui comporte d’ores et déjà un duo avec Mathieu Chédid et un titre co-signé par le brillantissime Hugh Coltman. Alléchant non ?

12. Coming Soon « New Grids »

On les avait découverts l’an dernier grâce à un premier EP intitulé The Escort qui, en une douzaine de minutes, avait pour mission de nous faire découvrir l’univers de ce collectif peu commun, dont l’âge des membres va de 15 à 26 ans ! Du haut de ses 2 mètres perché, le chanteur qui s’octroie le pseudonyme mégalo d’Howard Hughes nous interprète avec une voix désinvolte les airs de l’Amérique profonde. On pense à Bob Dylan, Herman Düne et Kimya Dawson (avec ils ont collaboré), Sufjan Stevens et Leonard Cohen. Mais bien au-delà de son chanteur, Coming Soon c’est d’abord et avant tout une parfaite alchimie entre ses membres. Chacun apporte sa pierre à l’édifice (et des noms à coucher dehors) : Billy Jet Pilot (basse) Ben Lupus (guitare, chant), Leo Bear Creek (batterie, ukulele, chant) Alex Banjo (batterie, ukulele, guitare, chant), Caroline Van Pelt et Mary-Agnes (chœurs, flûte, claviers)…Coming Soon parvient à créer sur ce premier album un univers singulier et particulièrement attachant. Un plaisir à prolonger sur scène, où la musique et le charme du collectif prennent tout leur sens.

13. Hugh Coltman « Stories From The Safe House »

Ce n’est pas un hasard si Benjamin Siksou, gagnant-perdant de la Nouvelle Star, a choisi Hugh Coltman pour collaborer à son album. L’univers jazzy-blues-soul-folk des deux hommes est sensiblement semblable. Admirateur de Buddy Holly, Stevie Wonder ou bien encore Jeff Buckley, cet anglais de 36 ans quitte son Angleterre natale après le split de son groupe The Hoax, et s’installe à Paris où il ne connait personne et où personne ne le connait. Quatre ans, c’est le temps qui lui a fallu pour écrire des chansons, beaucoup de chansons, et n’en garder que quelques unes. Il eut même le temps d’enregistrer une première version qui s’évapora, heureuse victime des caprices des nouvelles technologies. Il reprend alors l’écriture. Et c’est ainsi que sont nées les Stories from the Safe House, douze histoires que Hugh Coltman accepte de sortir de sa planque. À moins que ce ne soit vous qui soyez invités à y rentrer…

14. Darko Fitzgerald

« Il était une fois dans une galaxie lointaine un personnage, Darko Fitzgerald, fils caché d’un père asthmatique équipé d’un sabre laser rouge et d’une mère répondant au doux nom de Melody Nelson. Darko est l’un des mystères de l’ouest les mieux gardés ; c’est le côté obscur de la pop, la rencontre d’un univers cinématique, éthéré, et d’une imagerie super8 teintée de sons vintages et aériens ». C’est ainsi que se définissent les Darko Fitzgerald, et le moins qu’on puisse dire c’est que ces Normands sont des magiciens du son au don encore trop peu connu.

15. Lykke Li « Youth Novels »

Voici typiquement le genre d’album qui arrive sans bruit, sans tambour ni trompettes et qui, sans aucun doute, repartira comme il est venu. Pourtant ceux qui auront eu la chance de tomber dessus, ceux qui auront pu apprécier les chansons de Lykke Li pourront affirmer que cette fille a le petit truc en plus et que son album ne ressemble pas vraiment aux choses que l’on peut entendre habituellement. Assez proche dans l’esprit de filles comme Björk, Bat For Lashes ou Feist, cette suédoise de 22 ans, produite par le Björn de Peter, Björn & John, séduit par l’audace dont elle fait preuve dans ses compos alliant pop et électro dans une formule pleine de fraîcheur et de liberté qui étonne. Sa facilité à imposer un style, à toucher profondément grâce à une voix vraiment attachante et des morceaux sortant des sentiers battus la consacrent comme une des découvertes de l’année.

16. Housse de Racket « Forty Love »

Pierre et Victor se snobent jusqu’à ce qu’un t-shirt Pearl Jam leur procure des atomes crochus. Quelques années plus tard, au lendemain de la French Touch, ils se réveillent avec la gueule de bois et décident qu’eux aussi ont leur mot à dire. Les influences de Housse de Racket ne sont pas réduites à un seul style. Admirant aussi bien Gainsbourg que Stevie Wonder, le duo propose ici un savant mélange de pop et de funk, agrémenté d’une touche d’électronique. Volontairement simples – parfois même risibles dans leurs paroles – les musiciens chantent en français sur des thèmes comme l’amour et la musique accompagnés de riffs de guitare kitchouilles et des claviers démodés à la sauce 80’s. Avec ce premier album Forty Love, les Housse de Racket se lancent dans le circuit ATP du milieu musical. On adhèrera avec facilité ou détestera sans concession au style de jeu de ces deux tennismen qui ont décidé de sortir leurs raquettes de leurs housses pour s’attaquer à un tournoi du grand chelem… plaire au public.

17. The Delano Orchestra « A Little Girl, A Little Boy, And The Snails They Have Drawn »

Clermont-Ferrand nouvelle capitale du rock français ? C’est la question que l’on peut se poser car après l’éclosion de jeunes et talentueuses pouces telles que Cocoon ou bien Zak Laughed, le plus jeune des Coming Soon, voici The Delano Orchestra. Et tous sont originaires de la capitale auvergnate. Elé­gant, raf­fi­né et co­ton­neux, A Little Girl, A Little Boy, And The Snails They Have Drawn ne tarde pas à en­ve­lop­per son au­di­teur dans une brume oua­tée pro­pice à la rê­ve­rie et aux épan­che­ments la­cry­maux. Jonglant aussi bien avec des références folk américaines que l’héritage post-rock, cet orchestre hors norme peaufine des arrangements qui ménagent le suspense et font planer le public. Si ce disque devait être un film, il ressemblerait sans doute à Gerry de Gus Van Sant : une longue montée en puissance fascinante et tendue, baignée d’immobilisme et de mystère, un unique plan séquence filmé au ralenti dans les plateaux d’Auvergne. Au coeur de ce no man’s land on réapprend alors progressivement à tendre l’oreille. Qui a dit Sigur Ros?

18. Louis de Lights

Louis de Lights … un électro-choc, une révelation pour un sympathique groupe qui n’a même pas (encore) sorti le moindre EP. Mais alors qu’est-ce que c’est ? Pourquoi eux ? Malgré leur nationalité majoritairement française, l’élément Cardiffien du groupe leur permet de produire un rock qui sonne anglais comme on l’adore ! Efficace, fourni, mélodieux, créatif : du début à la fin, les tubes s’enchaînent, ça parait incroyable, mais c’est bien ce que ces 4 gars vous offrent à entendre lors d’un concert. En vrac jetez-vous sur les morceaux suivants : « Get Out Of Your Car », « Tatata » et surtout « He’sComing ». Révélation incontournable.

19. Phoebe Killdeer & The Short Straws « Weather’s Coming »

Phoebe Killdeer est Australienne et on l’a découvert sur le deuxième album de Nouvelle Vague. Cette fois-ci accompagnée des Short Straws, elle remet au goût du jour les musiques d’une autre époque, du blues des années 50 et 60 aux sonorités psychélédiques des 70’s. Elle joue les fu­nam­bules sur un fil à haute ten­sion, pas­sant d’un genre à l’autre avec la même ai­sance. Sa voix rauque, chaude et disons-le tout net envoûtante de Phoebe est l’élément central des 11 titres qui constituent Weather’s Coming, mais cela ne signifie en rien que les musiques soient accessoires ! Au contraire, on sent que les mélodies ont été ciselées, que la finesse est le principal qualificatif qui peut les décrire, que cela soit dans les morceaux plus rock ou dans ceux qui se reposent plus sur la constitution d’une atmosphère cabaret… Phoebe Killdeer est Australienne, une sorcière du bush qui risque de ne jamais revoir son pays, puisque les français ne la relâcheront pas.

20. Pete & The Pirates « Little Death »

Autant d’ores et déjà l’annoncer : ces nouveaux venus, n’ont rien à envier à leurs collègues des Arctic Monkeys et autres Futureheads. Fini, leur début tumultueux de jeunes moussaillons. Deux EP en guise de galops d’essai et voici l’équipage de Pete & The Pirates fin prêt à nous fournir leur premier effort. Car Little Death est un condensé efficace de rock anglo-saxon, entre morceaux chamboule-tout et ballades enivrantes. Garni de tubes jusqu’à la moelle, c’est un disque à la fois fulgurant sur beaucoup de titres (écoutez l’hymne « Come On Feet »), où Pete & The Pirates témoignent d’un sens inné de la mélodie et des harmonies vocales. Ahh ces anglais, toujours prêts à nous pondre des tubes rock à s’en casser les jambes sur les dancefloors ! Une tête de mort en guise de pavillon, un navire chargé de poudre, les Anglais de Pete & The Pirates filent toutes voiles dehors.

21. 21 Love Hotel « Our Hearts Belong To The Storm »

Attention, talent brut ! Clémence Léauté et Frédéric D. Oberland ne doivent pas rester plus longtemps calfeutrés dans leur chambre d’hôtel tant leur talent mérite d’exploser aux oreilles de tous les mélomanes. Pour décrire l’univers musical de 21 Love Hotel, il faut se laisser porter par les clochettes, les pianos désaccordés, les guitares triturés à coup de distorsion… Niveau vocal, la comparaison de Clémence Léauté avec Beth Gibbons s’impose d’elle-même tant son grain de voix s’avère troublant et touchant. Entre le gothique féerique de Tim Burton, l’univers fantômatique, hypnotique et énigmatique de David Lynch, ou bien encore la grâce indolente de Philippe Garrel, 21 Love Hotel livre une musique aux vertues cinématographiques. Our Hearts Belong To The Storm est un road-movie unique entre l’univers étrange d’une chambre d’hôtel, d’un cabaret folk et de grandes plaines désertiques où transparait un indie-rock teinté de blues langoureux et romantique.

22. The Tellers « Hands Full Of Ink »

Avec un petit côté Libertines (en plus pop), les 16 chansons de Hands Full Of Ink s’écoutent d’un coup d’un seul, avec plaisir, bonheur et le sourire aux lèvres. C’est un album sincère et surtout immédiat. L’enthousiasme de ce jeune duo Belge (découvert par le label de Girls in Hawaii et Austin Lace) est contagieux. Que leurs mains soient pleine d’encre ce n’est pas pour nous déplaire, en effet de « Hugo » ,chanson pop/rock, à « He Gets High » plus country, cet album est un bonheur! The Tellers allie douces mélodies, guitares acoustiques et textes surprenants dans un univers pop folk caractérisé par la voix lancinante du chanteur.

23. Maison Neuve « Victor, Victor »

Pour patienter en attendant un album prévu pour le début de l’année, Maison Neuve a publié en édition limitée à 300 exemplaires un mini-album regroupant 7 titres.  La chanson « Victor » qui ouvre l’album a été inspirée par l’Enfant Sauvage de l’Aveyron qui a vécu seul dans la forêt entre l’âge de 5 et 12 ans à la fin du XVIIIème siècle. Originaire de Rodez, Guillaume Faure en a tiré une formidable chanson tendue et hypnotique, pièce maîtresse du disque, enregistrée en deux prises et 15 minutes par un seul micro posé au centre de la chambre du batteur. Le genre de chanson fulgurante dont l’essence ne pouvait se capter que live, sans artifice, celle qu’on écrit d’habitude qu’une fois dans sa vie. Sauf que des chansons comme ça, Maison Neuve en a casé sept sur ce mini-album, toutes répandant la même intensité dramatique. En moins d’une petite demi-heure, Maison Neuve vient nous prouver qu’il est un formidable groupe. Vivant, crucial et indispensable. Voilà un groupe qui mérite un coin de terrain dans votre quartier sonore, prévoir un agrandissement pour l’album à venir.

24. John & Jehn « John & Jehn »

Malgré leurs manières à la The Kills, le fait qu’ils chantent en Anglais, leurs influences velvetiennes et leurs looks BCBG, bref, malgré les apparences, John et Jehn sont français. Exilés à Londres, ce garçon et cette fille ont sans doute écrit leurs chansons en écoutant Gainsbourg, Joy Division et le Velvet Underground, influences qui imprègnent fortement leur premier disque éponyme (leur premier maxi ne s’intitulait-il pas L’amour ne nous déchirera pas, référence au Love Will Tear Us Apart de Joy Division ?). Si le nom n’avait déjà été utilisé, ces deux-là auraient sans doute baptisé leur projet Love. Mais John & Jehn ce n’est pas si mal, un patronyme en forme de miroir qui sied parfaitement à leur face-à-face amoureux. En effet, sur l’album, chacun dispose de sa face comme sur une bonne vieille cassette audio (cinq titres et une illustration de chaque côté) et sans aucune faute de goût même si l’univers de chacun y est clairement identifiable. Avec une mise en scène de leur couple à la ville comme à la scène très Nouvelle Vague, le coup de foudre complet n’est pas loin.

25. Chairlift « Does You Inspire You »

Et un groupe de plus qui devra dire merci et verser des royalties à Apple jusqu’à la fin de sa vie … Chairlift ! Un « chairlift » est un télésiège et le moins que l’on puisse dire c’est que celui-ci monte très haut en altitude. Nostalgiques des tenues colorées, trop amples et des coupes excentriques ? Voici de quoi retrouver le bonheur grâce à 11 chansons qui fleurent bon les années 80 et un certain esprit nonchalant qui ne semble plus être en vigueur aujourd’hui. Avec ses claviers très présents, ses voix caressantes, parfois chuchotantes et ses relents de Feist ou parfois même Björk, Chairlift achève de nous convaincre en l’espace de moins d’une heure que faire de la musique rétro peut être terriblement à la mode !

26. Adele « 19″

On se passionne pour la poupée trash, Amy Winehouse mais en Angleterre, on est pas obligé de se vautrer dans les excès pour posséder un charisme et une voix venue d’un autre temps. Après l’arrivée de Duffy qui, en un single, s’est imposée comme une rivale possible, la sulfureuse diva risque de se faire déborder sur la droite par une jeune femme de 19 ans (d’où le titre de l’album), qui porte le doux nom d’Adele. Adele traite sa musique comme une sorte de journal intime. Elle met en scène sa propre expérience avec candeur et lucidité. Déclarée d’emblée par la critique comme LA révélation pop de l’année, la jeune fille a construit sa carrière sur le Net et en faisant la même école de musique… qu’Amy. Il y a chez elle un côté brut, vintage, rustique, que la production lisse de l’album – et c’est le principal reproche qu’on lui fera – a un tantinet trop astiqué.

27. The Courteeners « St Jude »

Les Mancuniens de The Courteeners ont intitulé ce premier album en hommage au saint patron des causes désespérées, Saint Jude, mais ils se sont adressés à la mauvaise personne. C’est Saint Morrissey qui a répondu à leurs prières, en clamant depuis des mois tout le bien qu’il pense d’eux. “Tous les groupes qui viennent de Manchester portent le poids du monde sur leurs épaules, ils doivent être les nouveaux Smiths, les nouveaux Stone Roses ou le nouvel Oasis, mais nous on sait qu’on ne vous décevra pas” a déclaré le chanteur Liam Fray. Illustrées par des paroles piquantes, les mélodies électriques des Courteeners exposent réellement au grand jour les blessures et les faiblesses de cet habile songwriter.

28. Laura Marling « Alas I Cannot Swim »

Laura Marling est une jeune anglaise d’à peine 17 ans et n’est pas dans la même mouvance pop que ses compatriotes Lily Allen et autre Kate Nash, dont elle ne supporte d’ailleurs pas la comparaison. Sur Alas I Cannot Swim elle nous propose un folk simple, épuré et émouvant influencé par ses amours de jeunesse allant de Joni Mitchell à Bob Dylan. Souvent, elle parle d’amour et drape ses comptines dans d’une mélancolie bienvenue (on saluera notamment la splendide orchestration de « Crawled Out Of The Sea » qui aurait pu émaner du dernier album de Beirut ou d’un vieux Belle & Sebastian). Son folk pur, diaphane et brillamment construit devrait concourir sans peine à l’album folk de l’année.

29. The Ting Tings « We Started Nothing »

C’est avec une certaine méfiance que nos oreilles se sont posées sur ce premier album des Ting Tings, précédé d’un buzz trop gros, trop beau pour être vrai. La faute à Apple aussi, qui a propulsé la carrière de ce groupe vers les sommets en un temps record (avec le single « Shut Up And Let Me Go »).  Concrètement, The Ting Tings verse dans une indie-pop toute contemporaine à base de tempos métronomiques et guitares frétillantes sur lesquels sont généreusement déversées des mélodies pop délurées et des structures un peu excentriques mais pas trop, juste ce qu’il faut pour mériter l’étiquette indie. Ce n’est somme toute pas si facile de composer des titres qui à la fois le public de masse et indépendant. Au-delà du buzz, c’est ce qu’on appelle avoir du style.

30. Late of the Pier « Fantasy Black Channel »

Glam, spatial, marrant, expérimental, abstrait, définitivement punk, Late Of The Pier réécrit les règles du genre – ou en crée un nouveau, on ne sait plus trop – avec une frénésie qui confine l’auditeur à un ébahissement de circonstance. Sur ce Fantasy Black Channel, on peut écouter s’entrechoquer des guitares alternant post-punk et rock psychédélique, des rythmes afro-punk, des basses funk, des synthés rétro, et un chant qui n’est pas sans rappeler Franz Ferdinand. Un album à la fois violent, dansant, nostalgique voire délicieusement kitsch. Un groupe à suivre de près et dont le talent sera à vérifier sur scène.

| Publié par Marine
| 07 Janvier 2008 21:21

Les meilleurs acteurs de 2008

6 janvier 2009 par Marine Bienvenot  
Classé dans Cinéma, Classements 2008, Dossiers, Séries

Ils ont été incontournables au cinéma cette année, nous ont subjugués en jouant, que dis-je, en incarnant des personnages saisissants, hauts en couleurs, émouvants, drôles, ayant existé ou tout droit sorti de l’imaginaire des scénaristes. Ils sont débutants et nous parions sur leur avenir au cinéma, ou bien alors des acteurs confirmés qui nous ravissent à chaque apparition ou nous apparaissent sous un nouveau jour avec un rôle d’exception. A l’heure où les nomniations aux Oscars et autres Césars viennent de tomber, voici les lauréats de nos Mediacult d’Or, édition 2008.

Mediacult d’Or de la meilleure interprétation féminine :

1. Ellen Page (Juno McGuff dans Juno). Nouvelle égérie du cinéma indépendant US, elle a su donner un visage réaliste, plein d’humour et de tendresse à l’adolescence.

2. Kristin Scott-Thomas (Juliette dans Il y a longtemps que je t’aime). Sans doute le rôle le plus émouvant de la beauté glacée Kristin Scott-Thomas, elle y cultive le mystère à merveille pour un final bouleversant.

3. Tilda Swinton (Julia dans Julia). Le titre du film porte le nom de son personnage, une femme au bord de la crise de nerfs dans un monde qui la dépasse, qui trouvera la rédemption grâce à un enfant. Le film s’appelle Julia, mais c’est bel et bien Tilda Swinton qui le porte.

4. Angelina Jolie (Christine Collins dans L’Echange). Elle y incarne ici le rôle de mère dans ce qu’il a de plus absolu : être mère malgré l’absence, malgré le doute, malgré la mort. Une interprétation tout en retenue mais ô combien profonde.

5. Gwyneth Paltrow (Michelle dans Two Lovers). Retour au plus haut pour celle qui fut oscarisée pour Shakespeare in Love, James Gray lui offre le rôle d’une bitch magnifique, d’une mangeuse d’homme au visage d’ange, mettant Leonard (Joaquin Phoenix) face à un choix : la raison ou la passion.

6. Sylvie Testud (Françoise Sagan dans Sagan). Sur ce doux visage j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. Sylvie Testud incarne ici une Françoise Sagan plus vraie que nature, avec peut-être un supplément d’âme bienvenue. Bonjour Tristesse.

7. Penélope Cruz (Maria Elena dans Vicky Cristina Barcelona). Allons-y tout de go, Penélope Cruz est le rayon de soleil du dernier Woody Allen. Elle y amène la chaleur, le talent et un brin de folie qui s’avère salvateur au milieu des interprétations plutôt soporifiques de ses collègues.

8. Déborah François (Fleur dans Le Premier Jour du Reste de ta Vie). L’adolescente dans toute sa splendeur. Voilà le rôle qu’à offert Rémi Bezançon à Déborah François : coup de gueule, déboires amoureux, premières découvertes, l’amour des copains, la haine de la famille. Et l’actrice au plus juste … pour une fois.

9. Keira Knightley (Georgiana Spencer dans The Duchess). Un rôle de duchesse pour un formidable portrait de femme, une femme d’une modernité sidérante qui nous amène à nous demander si Keira Knightley n’est pas plus, finalement, qu’une pâle copie de Natalie Portman.

10. Vinessa Shaw (Sandra dans Two Lovers). La deuxième face du dilemme amoureux dont est victime Leonard (Joaquin Phoenix) dans Two Lovers. Face à Gwineth Paltrow (la passion), voici la novice Vinessa Shaw (la raison) qui nous démontre avec brio que l’amour c’est aussi la confiance.

11. Rebecca Hall (Vicky dans Vicky Cristina Barcelona). Il aura fallu une débutante pour nous montrer que Scarlett Johansson et Javier Bardem n’était pas à leur meilleur niveau dans Vicky Cristina Barcelona. Elle les tire vers le haut, belle révélation pour Mr Woody.

12. Belen Rueda (Laura dans L’Orphelinat). Plus gros succès de tous les temps au box-office espagnol, L’Orphelinat est une formidable histoire, un conte plutôt qu’un banal film d’horreur et Belen Rueda en est un des ingrédients principaux. Son rôle de mère prête à tout pour protéger et retrouver son enfant est magnifique, à l’instar de celui d’Angelina Jolie dans le film de Clint Eastwood.

13. Juliette Binoche (Elise dans Paris, Marie dans Dan In Real Life & Adrienne dans L’Heure d’été). Le moins que l’on puisse dire c’est que Juliette Binoche a été omniprésente sur nos écrans cette année encore, et que cela soit dans des productions françaises (où elle apporte son savoir-faire et son talent comme dans Paris ou l’Heure d’été), ou alors dans des productions étrangères telles que Le Voyage du Ballon Rouge, Désengagement ou Dan in Real Life, où elle apporte ce « je-ne-sais-quoi » comme dirait nos amis américains, cette french touch de charme et de fraicheur.

14. Parker Posey (Nora Wilder dans Broken English). 2008 est aussi l’année du retour de la « Queen of Indies ». Parker Posey is back ! L’égérie du cinéma indépendant US des années 90 (Richard Linklater, Julian Schnabel, Gregg Araki s’était peu à peu laissé entrainer par les sirènes du box-office, on l’avait aperçu dans des rôles pas dénués d’intérêt (Scream 3, Superman Returns) mais c’est bel et bien dans les petits films aux grandes et belles histoires qu’elle resplendit. Merci à Zoe Cassavetes de lui avoir proposé cette course contre l’amour face à Melvil Poupaud.

15. Anne Consigny (Claire dans Le Grand Alibi, Hannah dans Largo Winch & Elizabeth dans Un Conte de Noël). Anne Consigny est incontournable. Et cela fait 4 ans que ça dure. Depuis Je ne suis pas là pour être aimé, la France a enfin compris que derrière ce doux visage se cachait une actrice à la voix et au cœur tendre. Les réalisateurs se servent de cette apparente douceur pour lui faire jouer des rôles à contre-emploi où elle n’est jamais là où on l’attend.

Mediacult d’Or de la meilleurs prestation masculine :

1. Heath Ledger (Le Joker dans The Dark Knight). Un an. Un an déjà qu’Heath Ledger nous a abandonné, nous forçant à faire de lui une légende à 29 ans. Il est un Joker saisissant, dépassé par la folie qui l’habite. Même si nous savions déjà qu’il avait l’étoffe d’une légende, on aurait bien aimé attendre encore quelques dizaines d’années avant de le proclamer. D’autant plus quand en guise de testament il nous laisse l’interprétation ultime, l’interprétation de toute une vie, de celle qui nous fait dire qu’Heath Ledger aurait pû aller si haut. Finalement il y est juste parti tout seul, sans nous attendre, là-haut.

2. Joaquin Phoenix (Leonard Kraditor dans Two Lovers). Lier l’amour et la noirceur et faire de Joaquin Phoenix l’homme de deux femmes face à un dilemme cornélien, voici le pari fou et réussi de James Gray. Joaquin Phoenix porte en lui une empathie qui nous fait souffrir et aimer en même temps que lui. Étrangement, le timing qu’il a choisi pour annoncer l’arrêt de sa carrière est plutôt bien choisi, si Two Lovers s’avère être son dernier film, il est le plus bouleversant, le plus abouti et celui, plus que tout autre, qui nous fera regretter Joaquin Phoenix l’acteur.

3. Daniel Day-Lewis (Daniel Plainview dans There Will Be Blood). Beaucoup se plaignent de la rareté des apparitions de Daniel Day-Lewis sur nos écrans. Pas moi. Il est un acteur rare dont chaque choix est pesé, réfléchi et chaque film qu’il choisi de porter est un chef d’oeuvre. Son interprétation d’un terrifiant prospecteur pétrolier est démesuré, à la hauteur de son talent.

4. Javier Bardem (Anton Chigurh dans No Country For Old Man). Qui aurait cru qu’avec ce physique et ce look ridicule, Javier Bardem donnerait à Anton Chigurh, son personnage de No Country For Old Men, l’ambivalence et la stature du plus effrayant des méchants de l’année ?

5. Emile Hirsch (Christopher McCandless dans Into The Wild). Sean Penn a réussi avec Into the Wild un film qui permet de s’interroger sur son propre destin à travers celui de Christopher McCandless (Emile Hirsch). L’acteur y est à l’image de son personnage, entre naïveté et passion pour un road-movie entre images somptueuses et portraits réalistes. Ce n’est pas la destination qui importe, c’est le voyage et le voyage est encore long pour Emile Hirsch.

6. Marc-André Grondin (Raphaël dans Le Premier Jour du Reste de ta Vie). Ce n’est pas l’histoire d’un coup de cœur pour Marc-André Grondin, mais bel est bien celle d’un coup de foudre, déjà vieux de 3 ans et du fabuleux C.R.A.Z.Y. Ce québécois brûle la pellicule et dans le 2è film de Rémi Bezançon cette espèce de nonchalance dont il fait preuve pour cacher sa fragilité en fait l’élément le plus touchant de la fratrie Duval, qui nous fait l’aimer encore plus.

7. Colin Farrell (Ray dans Bons Baisers de Bruges). Je suis loin d’aimer l’air de chien battu de Colin Farrell, je dirais presque qu’il me donne l’impression d’exister pour palier à un manque crucial de talent (ouuuuuh c méchant ça !) Ben oui, mais il faut bien que j’admette que dans Bons Baisers de Bruges j’ai trouvé Colin Farrell à sa place, peut-être dû au fait que ce film est lui aussi complètement décalé. Voilà, peut-être que Colin Farrell est un acteur décalé, jamais vraiment à sa place dans des rôles qui ne lui conviennent pas. Sauf dans Bons Baisers de Bruges, la preuve en est par un Golden Globe.

8. Ralph Fiennes (Le Duc de Devonshire dans The Duchess). Dans le film de Saul Dibb il incarne de façon sidérante ce mélange de cruauté et de flegme dont les Britanniques ont le secret, il compose un remarquable duc de Devonshire, emblématique de la haute société anglaise, prisonnier d’une éducation faisant peu de place aux sentiments, mais finalement infiniment plus nuancé.

9. Aaron Eckhart (Harvey Dent dans The Dark Knight). On a beaucoup parlé d’Heath Ledger (ici-même notament), on reconnait tous le talent de Batman/Christian Bale, mais je trouve qu’il faut également souligner l’incroyable travail d’interprétation d’Aaron Eckhart pour jouer Harvey Dent qui n’est pas encore devenu Double Face. Son rôle est crescendo dans l’action et le final apocalyptique qui lui est proposé laisse augurer le meilleur (ou le pire ça dépend de quel point de vue on se place) pour Double-Face dans la suite des nouvelles aventures de Batman

10. Pio Marmaï (Albert dans Le Premier Jour du Reste de ta Vie). Voilà le grand frère ! Dernier de la fratrie Duval à figurer dans ce classement, ce n’est pas faute de talent. Si je devais le refaire demain, il serait dans un ordre différent. Pio Marmaï, avec son nom en forme de marque de vêtements pour tout petits et une de mes révélations 2008, dès sa première apparition à l’image on a l’impression de l’avoir toujours connu. Pio Marmaï c’est le talent … et la facilité.

11. Jason Schwartzman (Jack dans The Darjeeling Limited). Cet homme est rare, cet homme se cache souvent derrière des seconds rôles savoureux, cet homme est un Coppola malgré son nom à consonance germano-autrichienne. Avec petite expression facétieuse sur le visage qui donne l’impression de toujours se demander ce qu’il fait là, Jason Schwartzman illumine tous les films auxquels il participe, dont ce road-movie initiatique en Inde, véritable bouffée d’air frais. Non, non, non je ne vous parlerais pas du talent de musicien que Mr cultive en parallèle de son activité d’acteur (j’peux pas m’en empêcher… check Coconut Records on Deezer or everywhere else). En me relisant je me demande si Jason Schwartzman n’est pas l’homme idéal…

12. Vincent Cassel (Jacques Mesrine dans Mesrine : l’Instinct de Mort). Je n’aime pas Vincent Cassel. Voilà c’est dit, passons au reste. Dans le diptyque de Jean-François Richet consacré à l’ennemi public n°1, il est de tous les plans, ça peut lasser mais je crois pouvoir dire qu’il se donne corps et âme pour donner l’image la plus réaliste de Jacques Mesrine, avec réussite.

13. Antoine de Maximy (lui-même dans J’irai dormir à Hollywood). Antoine de Maximy s’est mis lui-même en scène pour la première fois sur grand écran, faisant ainsi écho à son programme court d’Arte, J’irai dormir chez vous. Il débarque ici en Amérique multipliant les rencontres : cocasses, amicales, voire inquiétantes. Prêt à tout, sans peur et sans reproche, on tremble parfois pour de Maximy, véritable « hobo » des temps modernes … avec une caméra en plus.

14. Robert Downey Jr. (Tony Stark/Iron Man dans Iron Man). Retour d’entre les morts pour Robert Downey Jr., 2008 année de la réussite pour celui qui a réussi à faire d’un super-héros hyper bien carossé, un dandy sans foi ni loi. Sans oublier un acteur à l’auto-dérision en bandoulière si l’on en croit son apparition en soldat black dans le Tropic Thunder de Ben Stiller.

15. Hugh Jackman (Drover dans Australia). Australia est surtout une magnifique carte postale du bush, une piqure de rappel sur un fait historique faisant toujours couler beaucoup d’encre, une histoire d’amour un brin gnangnan, un hommage au grand film de genre type Autant en emporte le Vent. Australia c’est tout ça, mais au milieu de ce fatras il y a un personnage The Drover, Hugh Jackman où l’essence même de l’aventurier à la grande classe.

Publié par Marine
| 26 Janvier 2008 23:10

Les acteurs et actrices de séries qui nous ont marqué en 2008

30 décembre 2008 par Marine Bienvenot  
Classé dans Classements 2008, Dossiers, Séries

Ah ça on vous l’avait dit que ça allait être la période propice aux traditionnels Tops de fin d’année et nous on échappe pas à la règle, d’autant plus que c’est quand même assez plaisant de se replonger dans tout ce qui nous a fait vibrer cette année, et dans le cas présent celles et ceux qui nous ont fait vibrer à la télévision.

Nous commencerons donc par ces messieurs, une fois n’est pas coutume, tout en avertissant notre cher lectorat que ce classement est purement objectif et qu’il ne relève en aucun cas exclusivement de critères physiques (bien que ça aide dans certains cas…) mais bel et bien du talent dont ces hommes ont su faire usage tout au long de cette année pour incarner des personnages hauts en couleurs ou à l’inverse sombres comme les ténèbres.

1. Kyle Chandler (Coach Eric Taylor dans Friday Night Lights, ou le modèle du père parfait qu’il soit de substitution ou non) 2. Michael C. Hall (Dexter Morgan dans Dexter, ou le serial-killer le plus attachant du monde) 3. Zeljko Ivanek (Ray Fiske dans Damages, ou l’homme de loi le plus embourbé dans ses problèmes) 4. David Duchovny (Hank Moody dans Californication, ou le prototype même du sale type repenti pour sa famille) 5. Neil Patrick Harris (Barney Stinson dans How I Met Your Mother, ou l’essence même du mec LEGENDAIRE)

6. Jonathan Rhys-Meyer (Henri VIII dans The Tudors, ou comment incarner une figure historique avec talent) 7. Hugh Laurie (Gregory House dans Dr. House, ou comment réussir à rester la même  ordure au grand coeur au bout de cinq ans de diagnostics médicaux farfelus) 8. Taylor Kitsch (Tim Riggins dans Friday Night Lights ou l’homme qui arrive à vous émouvoir en buvant sa canette de bière les cheveux dans les yeux) 9. Lee Pace (Ned dans Pushing Daisies, ou le charme et la gaieté à l’état pur) 10. Ed Westwick (Chuck Bass dans Gossip Girl, ou le bad boy au coeur tendre)

11. Zach Gilford (Matt Saracen dans Friday Night Lights, ou le regard de chien battu le plus connu des terrains de football) 12. Donald Sutherland (Tripp Darling dans Dirty Sexy Money, ou le retour d’une ancienne gloire) 13. Dave Annable (Justin Walker dans Brothers & Sisters, ou le petit frère le plus irresponsable du monde) 14. Zachary Levi (Chuck Bartowski dans Chuck, ou le geek qui nous sauvera tous) 15. Gaius Charles (Brian « Smash » Williams dans Friday Night Lights, ou l’ego le plus surdimensionné de la planète football).

Nous enchaînons comme il se doit avec ces dames et demoiselles. Il s’agira ici de signifier un talent certain pouvant aller jusqu’à entraîner des symptômes de jalousie sévères, non pas que nous envions certaines d’entre elles (bien que …) nous serions plutôt tentés de prendre comme modèle certains de ces personnages incarnés avec passion.

1. Glenn Close (Patty Hewes dans Damages, ou l’avocate la plus manipulatrice du Barreau) 2. Connie Britton (Tami Taylor dans Friday Night Lights, ou la mère parfaite qu’elle soit de substitution ou pas -ben oui c’est bien la femme de son mari-) 3. Tina Fey (Liz Lemon dans 30 Rock, ou comment devenir l’égérie comique de l’année 2008 grâce à des imitations de Sarah Palin) 4. Rose Byrne (Ellen Parsons dans Damages, ou comment se rendre compte durement que la vengeance est un plat qui se mange froid) 5. Sally Field (Nora Walker dans Brothers & Sisters, ou comment mener à bout de bras une famille nombreuse  et indisciplinée sans jamais baisser les bras)

6. Kristin Chenoweth (Olive Snook dans Pushing Daisies, ou l’amoureuse transie que l’on adorerait rendre visible aux yeux de son bien-aimé) 7. Natasha McElhone (Karen Van Der Beek dans Californication, ou la mère courage, quand la réalité rejoint la fiction) 8. Mary-Louise Parker (Nancy Botwin dans Weeds, ou les fière responsable d’une entreprise qui ne connait pas la crise) 9. Adrianne Palicki (Tyra Collette dans Friday Night Lights, ou la fille qui se donne les moyens de réussir sa vie pour sortir de l’enfer où elle est née) 10. Anna Friel (Charlotte « Chuck » Charles dans Pushing Daisies, ou la morte la plus irrésistible du moment)

11. Eleonore Pourriat (Claire dans Nos Enfants Chéris, ou la dernière schyzophrène à s’être échapée d’un hôpital psychiatrique) 12. Calista Flockhart (Kitty Walker dans Brothers & Sisters, ou comment réussir à gérer une famille, une carrière, un mari, une nouvelle vie en pétant les plombs de temps en temps quand même) 13. Leighton Meester (Blair Waldorf dans Gossip Girl, ou la peste que l’on adore détester … quand on ne l’adore pas tout court) 14. Romane Bohringer (Constance dans Nos Enfants Chéris, ou le modèle de la femme au bord de la crise de nerfs) 15. Anna Paquin (Sookie Stackhouse dans True Blood, ou l’actrice qu’on a déjà vu quelque part sans se rappeler où parce qu’elle change tout le temps de tête … Ah mais oui X-Men !)

Ahlala que de beaux personnages encore cette année, pouvant incarner le courage autant que la passion, la fraîcheur autant que la mesquinerie ou bien encore la drôlerie autant que le dévouement. On notera que Chuck est définitivement le prénom de l’année (Chuck Bass, Charlotte « dite Chuck » Charles, Chuck Barkowksi) et qu’une fois de plus Friday Night Lights affole les compteurs (qui a dit « elle en ferait pas un peu trop là? »).

TO BE CONTINUED…

| Publié par Marine
| 30 Décembre 2008 02:58